Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) ont présenté, vendredi 14 septembre, leur position entérinée la veille sur la Politique agricole commune (PAC) post-2020, en s’opposant aux réductions des crédits agricoles et au plafonnement obligatoire des soutiens.
Joachim Rukwied, le président du Copa, a souhaité un accord sur la PAC-post 2020 et sur le cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027 avant les élections européennes de mai. Le Copa-Cogeca s’oppose vivement aux baisses de crédits proposées par la Commission et demande le maintien et la stabilisation du budget de la PAC en termes réels (compte tenu de l’inflation) au cours de la prochaine période de programmation. M. Rukwied a souligné aussi que les propositions de la Commission ne vont pas assez loin en termes de simplification pour les agriculteurs.
'Non' au plafonnement obligatoire. La Commission propose un plafonnement obligatoire de tous les paiements directs reçus par une exploitation, fixé à 100 000 euros avec un paiement dégressif entre 60 000 et 100 000 euros. Le Copa-Cogeca s’oppose au plafonnement et à la dégressivité, qui sont jugés « injustes ».
En ce qui concerne la 'convergence externe' des aides, le président du Copa a estimé qu'il faudrait continuer à harmoniser le niveau comparatif des paiements directs entre les États membres, en tenant compte des différentes conditions.
Paiements directs. Le Copa-Cogeca estime que le soutien de base au revenu doit demeurer une partie fondamentale du premier pilier. Joachim Rukwied a estimé qu'il fallait réserver à ce soutien de base au moins 60 % de l’enveloppe du premier pilier.
Développement rural. Le Copa-Cogeca ne soutient pas que les zones présentant des contraintes naturelles soient exclues des 30 % de fonds prévus pour des interventions réservées à certains objectifs climatiques et environnementaux.
Nouvelle architecture verte. La Commission propose une nouvelle architecture ‘verte’ : une nouvelle conditionnalité renforcée, des programmes écologiques dans le premier pilier et des engagements environnementaux et climatiques dans le deuxième pilier (développement rural). La hausse significative des exigences dans ce domaine allant de pair avec une réduction simultanée du budget de la PAC est jugée « inacceptable ». Cela entraînerait des pertes de revenus substantielles pour les agriculteurs. (Lionel Changeur)