Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a prévenu la Confédération helvétique, jeudi 13 septembre, qu’obtenir un accord avec l’UE sur l’institutionnel - accord que les deux parties s'étaient engagées à réaliser dès 2013 - serait plus difficile après son mandat.
Le président Juncker, qui avait fait un déplacement houleux en novembre 2017, suivi d’une polémique sur la limitation de l’équivalence boursière pour la Suisse, réduite à un an, a aussi balayé l’idée circulant actuellement à Berne sur la finalisation de cet accord. Selon la presse helvétique, le Conseil fédéral plancherait sur un accord en deux temps, permettant d’abord de valider les éléments de la négociation qui sont actés des deux côtés - à savoir, le tribunal d’arbitrage pour régler les différends - et de revenir plus tard aux questions plus délicates, en particulier la question des mesures d’accompagnement pour protéger le marché du travail suisse et la question des aides d’État.
Le Conseil fédéral tente de trouver une issue au blocage qu’il connaît avec les syndicats suisses qui, sur le volet 'protection du marché du travail', ont rejeté cet été la proposition de la Commission de reprendre la directive sur le détachement des travailleurs. Un « gel » des négociations qui ne plaît pas au président Juncker, qui, dans une interview à la RTS, a rejeté la tactique « du saucissonnage ».
« Je veux un accord d'ensemble », a insisté Jean-Claude Juncker. « Je suis contre le saucissonnage » et « les États membres ont des idées arrêtées sur le sujet », a-t-il poursuivi. Selon M. Juncker, le temps presse pour la Suisse, car, après lui, « ça pourrait être franchement mauvais » : « Négociez avec moi, concluez avec moi, parce que d'ici une année je ne serai plus là et vous allez voir. »
Le Conseil fédéral suisse n’avait pas réagi vendredi ; lui qui était censé discuter le jour même de cet accord qui divise les familles politiques au gouvernement. Le négociateur suisse sera de retour à Bruxelles la semaine prochaine pour une nouvelle session de négociations. (Solenn Paulic)