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Bulletin Quotidien Europe N° 12096
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ACTION EXTÉRIEURE / Cambodge

L’UE discute de la possibilité de prendre des sanctions

La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini a annoncé, jeudi 13 septembre, que l’UE pourrait prendre des mesures à l’encontre du Cambodge, en raison de la dégradation de l’État de droit. 

« Si nous continuons à voir cette tendance négative sans aucun changement, nous sommes prêts, au sein du Conseil, à prendre les mesures appropriées », a-t-elle annoncé lors d’un débat sur la situation dans le pays, au Parlement européen. 

« Au Conseil des Affaires étrangères de février, nous avons dit que des mesures ciblées spécifiques pourraient être envisagées si la situation ne s’améliorait pas. La situation ne s’est pas améliorée, et nous sommes maintenant en train d’envisager la possibilité de mesures supplémentaires », a-t-elle précisé (EUROPE 11969). L’UE a déjà suspendu son aide à la commission électorale nationale cambodgienne et a refusé d’observer les élections (EUROPE 12073). 

Rappelant que le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales (...) était « essentiel » pour maintenir les préférences commerciales de l’UE – le Cambodge bénéficie de l’initiative 'Tout sauf les Armes' - Mme Mogherini a rappelé que l’UE avait envoyé en juillet une mission d’information pour évaluer la situation. « Des décisions sur toutes mesures supplémentaires seront fondées sur les informations recueillies pendant cette mission », a-t-elle prévenu. 

Le Parlement est allé dans le sens de la Haute Représentante. Dans la résolution commune des groupes CRE, Verts/ALE, S&D, PPE et ADLE, qu’ils ont adoptée quelques minutes après le débat, les députés estiment que la Commission devrait « évaluer les conséquences possibles, pour ce qui est des préférences commerciales, notamment d’envisager la réalisation d’une enquête au titre des mécanismes prévus dans le cadre du régime 'Tout sauf les armes' ». 

Selon le PE, le SEAE et la Commission européenne devraient dresser une liste des personnes responsables de la dissolution de l'opposition et d'autres violations graves des droits de l'homme, « en vue d'imposer d'éventuelles restrictions en matière de visas et un gel des avoirs à leur encontre », ce qui semble déjà être le cas, aux dires de Mme Mogherini. 

Les députés invitent également le SEAE et les États membres à faire en sorte qu'une résolution forte, concernant la situation des droits de l'homme au Cambodge, soit adoptée lors de la 39e session du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies. 

S'adressant au gouvernement cambodgien, les députés lui demandent d'œuvrer au renforcement de la démocratie et de l'État de droit et au respect les droits de l'homme et les libertés fondamentales. Plus particulièrement, ils exhortent à la libération des hommes politiques et des citoyens ayant exercé leurs droits fondamentaux actuellement emprisonnés et veulent des mesures pour inverser rapidement la décision de dissoudre le parti d'opposition CNRP ; ils demandent la fin de toutes les formes de harcèlement, abus et accusations criminelles à motivation politique contre des membres de l'opposition politique, des défenseurs des droits de l'homme, des journalistes ou des membres de la société civile. (Camille-Cerise Gessant)

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