Le Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique, créé par l'UE pour s'attaquer aux causes profondes des migrations irrégulières, mérite d’être mieux doté et d’être plus efficace, mais ne saurait se substituer à l’aide au développement, ont estimé les membres de la commission du développement du PE, mercredi 29 août.
Plusieurs députés, à l'instar de l'Italienne Cécile Kyenge (S&D) qui a insisté sur la nécessité de « ne pas tomber dans le piège de faire de ce fonds un outil pour empêcher les gens de venir en Europe », ont souligné qu'il s'agissait notamment de favoriser la création d'emplois sur place.
Mais ils ont pointé le manque de ressources et des lacunes dans les modalités de mise en œuvre des projets sur le terrain, faute de coordination entre les gestionnaires et les autorités locales, d'une part, et avec d'autres projets en cours, d'autre part. « Ce fonds doit être utilisé comme un catalyseur et créer des synergies entre les programmes pour les renforcer, mais quand il n'y a pas d'État, comme en Libye, il est difficile de définir la nature des bénéficiaires. Il faudrait une meilleure coordination sur les territoires », a souligné la députée.
Répondant à ceux qui s'interrogeaient sur la possibilité de mieux doter le fonds et sur la répartition des dépenses entre développement et sécurité, le représentant de la Commission a répondu que son institution, à chaque réunion du Conseil de l'UE, rappelle aux États membres de payer leur contribution. Ceux-ci répondent invariablement ne pas pouvoir mettre plus. « 100 % des ressources sont dépensés dans une logique de développement », a-t-il assuré. Et 50 % vont à la création d'emplois et à la résilience, 30 % à la gestion des migrations et 20 % à la prévention des conflits et la sécurité.
À propos d'un fonds fiduciaire - le Fonds Bêkou pour la République centrafricaine -, l'Espagnole Teresa Jiménez-Becerril Barrio (PPE) a estimé que c'était un bon instrument qu'il convient de maintenir, « même s'il n'apporte pas tous les résultats escomptés ». Selon elle, il conviendrait que l'UE, en tant que premier contributeur, communique mieux, car « tout le monde la critique et ignore ce qu'elle fait ». Jean-Luc Schaffauser (ENL, français) a, lui, fustigé « l'inefficacité de l'Europe qui n'a pas été capable de répondre aux besoins de sécurité » et de « s'appuyer sur l'État légitime ». (Aminata Niang)