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Bulletin Quotidien Europe N° 12084
ACTION EXTÉRIEURE / Arym

« Nous allons gagner le référendum » sur le nom du pays, assure M. Dimitrov

Le ministre des Affaires étrangères de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM), Nikola Dimitrov, s’est montré confiant, mercredi 29 août, devant la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, quant à un résultat positif au référendum sur le nom, prévu le 30 septembre prochain. 

« Nous allons gagner ce référendum, nous prenons toujours de bonnes décisions quand on nous pose les questions les plus difficiles », a-t-il estimé. Selon le ministre, « la question est trop importante pour se permette un échec, ‘too big to fail’, c’est un processus historique ». « Le référendum ne porte pas sur le choix gauche/droite, mais sur l’avenir du pays, de construire plus d’amitié dans une région qui a vraiment besoin de ce sens d’amitié », a-t-il ajouté alors qu’un appel au boycott a été lancé. Les partis d’opposition devraient annoncer autour du 10 septembre leur position sur le référendum. 

Le ministre a rappelé que ce référendum n’est pas contraignant et que l’accord mentionnait la possibilité d’un accord, et non l’obligation. « La raison d’un référendum est de promouvoir un débat politique dans le pays. Il fait partie du programme de tous les partis politiques », a précisé le ministre, qui a rappelé qu’il serait très difficile de s’opposer à l’accord si le référendum y est en faveur. L’accord nécessite un changement de la constitution macédonienne à la majorité des deux tiers des parlementaires. 

Les députés de la commission ont apporté leur soutien au référendum, espérant que le résultat sera positif. 

La mise en œuvre effective de l’accord sur le nom permettrait aussi d’avancer sur la voie de l’adhésion à l’UE. « Nous avons besoin de ce processus d’adhésion », a expliqué M. Dimitrov. Il a rappelé qu’en raison d’un manque de perspective d’adhésion, son pays était tombé dans une crise politique dont il s’est désormais relevé. « Nous avons réussi à devenir plus mûrs […] il faut être récompensé et avoir un avenir européen », a-t-il souligné, sans pour autant demander de passe-droit. « Nous ne vous demandons pas de faveur, nous ne voulons pas d’un processus d’adhésion politisé, nous voulons que l’on reconnaisse notre courage politique et notre vision de l’avenir », a ainsi prévenu le ministre, ajoutant que les pays devaient être évalués sur leur réalisation en tenant compte des critères de Copenhague. 

M. Dimitrov a cependant mis en garde l’UE, estimant que, si celle-ci ignorait la région des Balkans occidentaux, cela lui « coûterait une fortune » d’un point de vue économique ou sécuritaire. Selon le chef de la diplomatie macédonienne, il n’y a pas d’autre voie pour la paix durable, la démocratie et la prospérité dans les Balkans occidentaux que l’adhésion à l’UE. « On doit mettre toute notre énergie dans le processus d’adhésion. […] On dit souvent que les Balkans sont à la périphérie de l’Europe, alors qu’ils sont une île au cœur de l’Europe », a-t-il plaidé. (Camille-Cerise Gessant)

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