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Bulletin Quotidien Europe N° 12059
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ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

Les Balkans occidentaux, priorité de la Présidence autrichienne du Conseil

Tout comme la précédente présidence bulgare, la présidence autrichienne du Conseil de l’UE, qui a commencé le 1er juillet, fait des Balkans occidentaux une priorité stratégique.

Devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen, la ministre des Affaires étrangères autrichienne, Karin Kneissl, a mis en avant « la stabilité dans notre voisinage avec un rapprochement plus fort des pays de l’Europe du Sud-est ». Elle s’est refusée à utiliser le terme 'Balkans occidentaux', lui préférant « Europe du Sud-est ».

Selon Mme Kneissl, il faut renforcer la stabilité et la sécurité dans le voisinage direct en renforçant la perspective d’adhésion à l'Union européenne des Balkans occidentaux. « L’Europe du Sud-Est présente un risque, celui de tomber dans un vide dont d’autres pourraient profiter », a-t-elle prévenu. La ministre a annoncé que l’Autriche voulait travailler avec la région sur des questions particulières, dont les différends territoriaux bilatéraux.

Autre priorité : les relations entre l’UE et l’Asie. « Nous voulons renforcer notre relation avec l’Asie, ce sera un élément essentiel pour des relations plus globales et profondes entre nos deux continents », a expliqué Mme Kneissl. Le sommet entre l’UE et les pays asiatiques, prévu en octobre, sera à ce titre un des « moments phares de la présidence » autrichienne.

Importance du multilatéralisme. La ministre a également souligné l’importance d’un multilatéralisme efficace. Elle est revenue sur l’accord sur le nucléaire iranien, estimant qu’il ne s’agissait pas seulement de perdre un accord sur le désarmement, mais aussi pour la communauté internationale de perdre en « crédibilité ». « La crédibilité ne s’achète pas; on la mérite », a-t-elle ajouté.

Mme Kneissl a aussi cité la situation au Yémen et en Palestine, expliquant que son pays « ferait de son mieux pour soutenir les efforts diplomatiques pour atteindre la paix et la réconciliation ». Elle a aussi rappelé que l’Autriche accueillerait les négociations pour l’accord post-Cotonou ou encore qu’une nouvelle stratégie UE/CELAC serait élaborée au deuxième semestre 2018.

Sur la migration, grande priorité de la présidence autrichienne, Mme Kneissl a souligné qu’il était nécessaire de renforcer la coordination avec les pays tiers, pour faciliter la politique de retour des migrants ne bénéficiant pas de l'asile dans l'UE.

La ministre a estimé qu’il manquait une « véritable réflexion géopolitique », soulignant que les Européens étaient parfois trop perturbés par les problèmes au quotidien et les détails sans garder à l'esprit le contexte général.

Absentéisme ministériel. À noter que la ministre s’est plainte du fait que certains de ses homologues assistent de moins en moins aux réunions du Conseil 'Affaires étrangères', une situation qui complique la prise de décision.

« Pour certains de mes collègues, cela fait un certain temps que je ne les ai pas vus. C’est un problème quand on veut prendre des décisions à un haut niveau de responsabilité politique », a-t-elle estimé. (Camille-Cerise Gessant)

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