L’eurodéputée Esther Herranz García (PPE, espagnole), rapporteur sur les futurs plans stratégiques, s’est montrée critique, mardi 10 juillet à Bruxelles, sur les propositions sur la politique agricole commune (PAC) post-2020 (EUROPE 12058).
Après la nomination des trois rapporteurs sur le paquet PAC post-2020 (12057), la commission de l’agriculture du PE a eu un échange de vues sur les propositions de la Commission, qui ont été assez critiquées.
Esther Herranz García, rapporteur sur les futurs ‘plans stratégiques’, a souligné qu’il ne s’agissait pas d’une réformette, mais de « changements substantiels ». Ceci laisse « beaucoup de doutes et d’inconnues ».
Elle a dénoncé une stratégie « floue » et les coupes budgétaires (réduction de 5% de l’enveloppe agricole 2021-2027). Elle a estimé que la proposition sur les plans stratégiques représentait un « cofinancement caché » de la PAC, donc une « renationalisation » de cette politique. Esther Herranz García a critiqué aussi les chevauchements en ce qui concerne les mesures de verdissement de la PAC et une hausse des exigences en matière de conditionnalité des aides. Elle s’est interrogée sur les effets du plafonnement des aides voulu par la Commission (mais refusé par plusieurs pays de l’UE) et a estimé que le projet de dégressivité des aides (réduction des aides) devait être « pris avec des pincettes ».
« Nous sommes peu satisfaits » par la proposition, a commenté Esther Herranz García après les remarques des autres députés. Le cœur de notre travail c’est le producteur, a-t-elle promis.
Le rapporteur parlementaire sur l’organisation commune de marché (OCM), Éric Andrieu (S&D, français) a précisé que la proposition, qui concerne surtout le secteur du vin et les produits de qualité, est « plutôt positive ». De manière générale, il a regretté que la Commission ne prévoie rien de nouveau pour « gérer les marchés en temps de crise ». Il proposera des amendements en la matière, y compris en matière de transparence des marchés.
Ulrike Müller (ADLE, allemande) est chargée du texte sur le financement et la gestion des dépenses. Elle s'est demandé comment il sera possible d'arriver à un seul organisme de paiement par pays (structure de gouvernance). Elle a douté de l’efficacité des mesures de simplification proposées, notamment en matière de contrôles. (Lionel Changeur)