Dans une résolution en faveur d'une stratégie extérieure de l'UE pour lutter contre les mariages précoces et forcés, le Parlement européen a demandé, le 4 juillet, à tous les États membres de l'UE, de porter l'âge nuptial à 18 ans, d'inclure une interdiction des mariages forcés dans leur législation et de faire respecter la loi.
À l'UE, le PE demande d'utiliser sa politique extérieure et sa politique de coopération au développement pour œuvrer à ce qu'il en soit de même dans tous les pays tiers partenaires.
La Commission est invitée à établir une base de données européenne sur la situation dans les États membres, mais aussi dans les pays tiers pour assurer la surveillance d'un fléau qui touche plus de 700 millions d'enfants dans le monde, en grande majorité des filles. « C'est une pratique inhumaine et condamnable que le Parlement n’a cessé de condamner. Au Soudan, par exemple, l’âge nuptial est de 10 ans. Les jeunes filles forcées ne peuvent pas s’opposer. Ce qu'il faut, c'est définir une stratégie, une approche pour faire bouger les lignes et fixer un cap, s'entendre sur des moyens à mettre en place », avait déclaré le rapporteur, Charles Goerens (ADLE, luxembourgeois) à la veille du vote. « Il faut une UE forte et déterminée, des États partenaires forts, ne pas lésiner sur les moyens, fixer un cap et, au plus tard il faudrait avoir des résultats réconfortants et tangibles en 2030 », échéance prévue pour la réalisation des objectifs universels de développement durable.
L'autonomisation des femmes et des filles par l'éducation et la protection des filles et des femmes parmi les migrants figurent parmi les mesures prônées.
« Protéger les filles, ça revient avant tout à protéger les valeurs européennes, le respect des droits de l’homme, à respecter la législation européenne et la Charte des droits fondamentaux, ainsi que le droit international en matière de droits de l’homme », avait rappelé la commissaire européenne Marianne Thyssen, estimant que la résolution du PE aidera à obtenir davantage de résultats. Et d'ajouter : « L’UE a déjà renforcé son travail sur le volet externe. Mettre un terme aux mariages forcés et précoces est une priorité du plan d’action en matière de démocratie et de droits de l’homme. » (Aminata Niang)