Les Vingt-sept ont réitéré leur « inquiétude », vendredi 29 juin, quant à l’absence de progrès dans les négociations menant au Brexit sur la question irlandaise, dans des conclusions adoptées vendredi 29 juin à la vitesse de l'éclair.
Les leaders européens ont insisté sur le fait que l’Union européenne devait se préparer à tous les scénarios possibles, y compris celui d'une absence d'accord.
Selon le président du Conseil européen, Donald Tusk, ce sommet était le « dernier appel » adressé à Londres pour enregistrer des progrès dans les négociations si le Royaume-Uni souhaite, en octobre, un accord global sur son retrait de l'UE, y compris la période de transition post-Brexit.
Si les Vingt-sept notent des progrès réalisés sur l’accord de retrait, ils soulignent que « d'autres aspects importants doivent encore être convenus », en particulier « l'application territoriale de l'accord de retrait, notamment en ce qui concerne Gibraltar ». Cette dernière référence a été ajoutée à la demande de Madrid.
Sur la frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord, la situation reste toujours aussi incertaine. Le Conseil européen se « déclare préoccupé par le fait qu'aucun progrès substantiel n'a encore été réalisé » pour mettre au point ce fameux filet de sécurité ('backstop') réclamé par Dublin et les Vingt-six.
Le Conseil européen rappelle à cet égard les engagements pris par le Royaume-Uni « en décembre 2017 et mars 2018 » - respectivement dans le projet conjoint d’accord de retrait et les conclusions du sommet européen (EUROPE 11988) - et il « insiste sur la nécessité d'intensifier les efforts pour que l'accord de retrait, y compris les dispositions relatives à la transition, puisse être conclu dès que possible afin d'entrer en vigueur à la date du retrait ».
Dans l'attente d'une vision britannique sur les relations futures avec l'UE
Les Vingt-sept ont confirmé qu’ils attendaient une déclaration politique claire du gouvernement de Theresa May « sur le cadre de la relation future » avec l'Union européenne. Cela nécessite « plus de clarté ainsi que des propositions concrètes du Royaume-Uni », soulignent-ils.
Theresa May a, elle, confirmé jeudi soir qu’elle comptait publier le 9 juillet un Livre blanc. « Et je veux voir les négociations s'accélérer et s'intensifier par la suite », a-t-elle dit en quittant la réunion vendredi matin (EUROPE 12051).
« Nous sommes prêts à intensifier et à accélérer le rythme des négociations et je souhaite que cela soit aussi le cas de la Commission européenne et de l'Union européenne », a-t-elle ajouté, notamment sur le cadre de la future relation de sécurité avec l’UE.
Le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, a confirmé cette absence de progrès sur la question irlandaise tout en continuant de saluer « la forte unité des Vingt-sept » sur ce sujet et le travail des Vingt-sept pour contrer toute tentative de traiter ce dossier par la voie bilatérale pour affaiblir la position de négociation européenne. « Nous résisterons » à toute tentative de la sorte, a-t-il promis.
« Je ne fais aucune spéculation à ce stade sur la possibilité d'un accord. Je souhaite que nous puissions en trouver un, mais cela dépend du travail que Theresa May est en train de conduire et de l'avancée de ces discussions avec ses partenaires », a souligné de son côté le président français. Et Emmanuel Macron d'ajouter : « Nous sommes attachés à quelques principes simples : il n'y a pas d’accord partiel ; les quatre libertés sont inséparables et la juridiction européenne doit continuer à prévaloir. Il est clair que la solidarité européenne sera entière sur le sujet de la frontière Irlandaise. Nous l'avons réaffirmé. »
Les Britanniques « donnent l’impression de négocier plus avec les Britanniques qu’avec l’UE », a observé le Premier ministre belge, Charles Michel. « Restons concentrés sur le mandat de Michel Barnier afin de faire la clarté. On sait les points qui demeurent difficiles : les lignes rouges britanniques incompatibles avec les points fondamentaux de cette négociation. » (Solenn Paulic et la rédaction)