Les ministres européens des Affaires étrangères ont discuté, lundi 16 avril à Luxembourg, de la situation en Iran et notamment de l’accord sur le nucléaire iranien, soulignant leur attachement à cet accord.
Menaçant de sortir de l’accord, les États-Unis ont fixé au 12 mai la date limite pour remédier aux lacunes de l’accord. Les Européens qui ont négocié l’accord – l'E3 : Allemagne, France et Royaume-Uni – négocient actuellement avec les Américains.
Ainsi, les Européens tentent de trouver un « équilibre assez complexe » afin de maintenir les Américains dans l’accord sur le nucléaire, sans pour autant froisser les Iraniens, selon le ministre luxembourgeois Jean Asselborn. « Si on ne fait rien, on accepte que l’accord tombe. Si on [prend des mesures], on ne sait pas si cela sert », a-t-il résumé. Et de prévenir que si les Européens « en faisaient trop, l’Iran pourrait s’échapper de l’accord ».
« En résumé : si les E3 arrivent à trouver une solution avec les États-Unis - ce qui n’est pas donné », si des mesures devaient être prises pour sauver l'accord, « alors là, je pense qu’il y aura un soutien unilatéral de l’Europe », a précisé M. Asselborn. Selon lui, « l’Europe veut maintenir l'accord nucléaire, mais ce n'est pas possible à n’importe quel prix ».
« Beaucoup sont pessimistes [quant au maintien des États-Unis, NDLR], mais il faut essayer » de conserver l’accord, a précisé l’Irlandais Simon Coveney.
La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont proposé des sanctions envers l’Iran pour son rôle déstabilisateur en Syrie.
Néanmoins, d'après la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de l'UE, le fait que ces pays soient ceux qui négocient avec les États-Unis n’est qu’une coïncidence. « Il est assez clair pour moi que l’accord nucléaire n’est pas lié aux sanctions proposées en lien avec les activités en Syrie » de l’Iran, a-t-elle expliqué. Selon Mme Mogherini, ces deux questions sont séparées et cela a été le cas aussi lors des discussions entre les ministres.
L'adoption de nouvelles sanctions visant l'Iran ne fait pas l'objet d'un accord entre les ministres. « Il n’y a pas de décision, de consensus sur le fait que ces mesures seraient utiles ou appropriées à ce moment-ci », a indiqué Mme Mogherini.
L'Allemand Heiko Maas, a précisé que les ministres avaient décidé de maintenir les sanctions à l’agenda ministériel. (Camille-Cerise Gessant)