Le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) a mis en cause le régime syrien, dimanche 8 et lundi 9 avril, l'accusant d'être responsable d'une nouvelle attaque chimique à Douma, dernier bastion des rebelles dans la Ghouta orientale, où « un grand nombre de civils ont été tués samedi 7 avril au soir, y compris des familles qui ont péri dans les abris dans lesquels ils se cachaient ».
« L'évidence indique encore une autre attaque chimique par le régime », a estimé la porte-parole du SEAE, dans un communiqué publié dimanche. Interrogée lundi par EUROPE sur ces preuves, Maja Kocijancic a précisé que le Service bénéficiait de « plusieurs sources » et que celles-ci avaient permis d'acquérir la « conviction » que le régime syrien est « responsable » de l'attaque.
Les Casques blancs ou encore l'ONG médicale Syrian American Medical Society ont annoncé la mort de 48 personnes dans une attaque aux « gaz toxiques ». « Plus de 500 cas, la plupart des femmes et des enfants, » présentaient « les symptômes d'une exposition à un agent chimique ». Mais aucune source indépendante n’a, jusqu’à présent, confirmé les informations.
Condamnant « dans les termes les plus forts l'utilisation d'armes chimiques », M. Kocijancic a appelé la communauté internationale « à une réponse immédiate ».
Le Conseil de sécurité de l’ONU devait se réunir d’urgence dans la soirée de lundi 9 avril. La France et les États-Unis ont déjà annoncé qu’ils n’excluaient « rien » en termes de réponse. « S'ils sont reconnus responsables, le régime et ses soutiens, dont la Russie, devront rendre des comptes », a considéré le Premier ministre britannique, Madame Theresa May.
Côté russe, le porte-parole du Kremlin a mis en garde toute conclusion hâtive alors qu’il n’y avait eu, « pour l'instant, aucune enquête » sur l’attaque.
« L'UE restera mobilisée pour lutter contre l'utilisation des armes chimiques et s'assurer que les responsables sont tenus pour responsables », a assuré la porte-parole.
Le SEAE a demandé au Conseil de sécurité de rétablir rapidement le Mécanisme d'enquête conjoint pour identifier les auteurs d'attaques chimiques, jugeant qu’il était « hautement regrettable » que la Russie ait opposé son veto au renouvellement de son mandat en novembre 2017 (EUROPE 11912).
Dans son communiqué, la porte-parole du SEAE a aussi rappelé que « presque un an jour pour jour après les horribles attaques à Khan Cheikhoun » ayant fait plus de 70 morts, « il était extrêmement préoccupant que des armes chimiques continuent d'être utilisées, en particulier contre les civils » en Syrie (EUROPE 11761).
« Nous appelons les partisans du régime, la Russie et l'Iran, à user de leur influence pour empêcher toute nouvelle attaque et assurer la cessation des hostilités conformément à la résolution 2401 du Conseil de sécurité », a une nouvelle fois souligné la porte-parole, rappelant que la protection des civils devait rester une « priorité absolue ».
Depuis le 18 février, au moins 1 600 civils seraient morts dans l’offensive du régime syrien sur la Ghouta orientale. En sept ans, la guerre en Syrie a fait plus de 350 000 morts. (Camille-Cerise Gessant)