L’industrie des biocarburants permet la cogénération de la moitié des protéines végétales produites dans l’UE, a rappelé le 26 mars le groupe de réflexion Farm Europe, alors que la Commission européenne prépare un ‘plan protéines’ pour la fin de l’année.
Les négociations interinstitutionnelles pour réduire la part des biocarburants de première génération dans l’UE à l’horizon 2030 se poursuivent (EUROPE 11992).
Le groupe de réflexion Farm Europe a présenté son rapport ‘Protéines végétales et énergies renouvelables : un seul et même défi’. Cinq plans européens ‘protéines’ ont été lancés depuis 30 ans sans réel impact sur la dépendance de l’UE aux importations, notamment de soja, constate Farm Europe. Quelque 30 millions de tonnes de soja ont encore été importées au cours de la campagne 2016-2017. Or, la production de biocarburants permet la cogénération de 13 millions de tonnes de produits riches en protéines par an (soit 52 % de la production protéique de l’UE), rappelle le groupe de réflexion.
Il estime qu’en remettant en cause les biocarburants dits de première génération dans le cadre de la directive RED (Renewable Energy Directive) II, la Commission va mettre en péril l’indépendance européenne en matière de protéines végétales pour l’alimentation animale. Dans la pratique, les conséquences en seraient : une plus grande consommation d’énergie fossile et de biocarburants importés, mais aussi une plus grande quantité de protéines végétales importées.
« L’industrie des biocarburants offre aujourd’hui la meilleure voie vers une stratégie en matière de protéines d’une ampleur et d’une capacité suffisantes pour réduire la dépendance de l’Europe à l’égard des importations de soja », assure le rapport.
De plus, la prise en compte des surfaces de protéagineux en tant que surfaces d’intérêt écologique dans le cadre du verdissement de la Politique agricole commune (PAC) a permis, depuis 2013, de doubler les quantités de pois, de fèves, et de féveroles produites en Europe. Farm Europe rappelle que le recours aux produits phytosanitaires est interdit depuis le début de l’année. « Il est surprenant de voir que ces deux piliers de la politique protéique européenne (biocarburants et surfaces d’intérêt écologique), qui ont incontestablement donné des résultats tangibles, sont aujourd’hui sapés par la Commission européenne elle-même », s’étonne le groupe de réflexion.
Une stratégie attendue pour la fin d’année. La Commission présentera d’ici la fin de l’année un plan ‘protéines’ dont les grands axes seront la recherche et l’innovation, l’agronomie et les avantages environnementaux des cultures protéagineuses, le développement de chaînes d’approvisionnement et le potentiel commercial des protéines végétales de l’UE. La Commission vient de lancer une consultation auprès des parties prenantes sur ce thème. Le Parlement européen doit, pour sa part, adopter mi-avril un rapport d’initiative plaidant pour une stratégie de l’UE pour la promotion des protéines végétales, demandant notamment des paiements volontaires couplés pour toutes les cultures de protéagineux, la production de protéines végétales sur les surfaces d’intérêt écologique et la création d’une plate-forme européenne pour identifier les zones de culture, déterminer les capacités de production et recenser toutes les recherches menées en la matière. (Lionel Changeur)