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Bulletin Quotidien Europe N° 11979
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Uem

La feuille de route franco-allemande sur l'approfondissement de la zone euro serait imminente

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a assuré, lundi 12 mars, que le tandem franco-allemand sera en mesure de faire des propositions sur l'approfondissement de l'Union économique et monétaire (UEM) d'ici au sommet de l'Eurozone du vendredi 23 mars.

« Il n'a jamais été question qu'il en aille autrement », a déclaré M. Le Maire, s'inscrivant en faux contre des allégations contraires parues dans la presse allemande. Je recevrai à Paris ce « vendredi » mon homologue, Olaf Scholz, pour préparer le sommet de la zone euro et « pour donner une proposition de feuille de route » au président français, Emmanuel Macron, et à la chancelière allemande, Angela Merkel, a indiqué le ministre.

M. Le Maire s'est appuyé sur l'actualité politique et commerciale pour étayer ses propos. « Quand on voit la situation politique dans certains pays (comme l'Italie, NDLR) et le risque de guerre commerciale, qui ne fera que des perdants, quelle conclusion faut-il en tirer ? Il y a urgence absolue à progresser dans l'intégration de la zone euro. »

Lundi, les ministres européens des Finances se sont à nouveau penchés sur l'approfondissement de l'UEM en vue du sommet de la zone euro, vendredi 23 mars. Les questions présentées comme les plus mûres concernent, d'un côté, la transformation du Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de sauvetage permanent de la zone euro, en Fonds monétaire européen (FME) et, de l'autre, le parachèvement de l'union bancaire en zone euro avec la création d'un système européen de garantie des dépôts bancaires (EDIS) et la mise sur pied d'un filet de sécurité ('backstop') pour le Fonds de résolution unique.

Mais des avancées concrètes se heurtent à la volonté de l'Allemagne, des Pays-Bas et des pays nordiques de parvenir d'abord à des avancées concrètes en matière de réduction des risques financiers, tels que le paquet sur la révision des règles prudentielles bancaires sur lequel le Conseil Ecofin discutera, ce mardi, sans garantie d'un accord (voir autre nouvelle).

Dans une position commune dévoilée la semaine dernière, les ministres des Finances de six pays de la zone euro (Estonie, Irlande, Finlande, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas) plus le Danemark et la Suède estiment que « des discussions politiques sur la première phase de mise en place d'EDIS pourraient débuter dès que des progrès suffisants auront été réalisés en matière de réduction des risques ».

De tels progrès passeraient notamment par des avancées sur la constitution de coussins de fonds propres mobilisables en cas de renflouement interne ('bail-in'), un provisionnement obligatoire en liquidités pour affronter les prêts bancaires non performants ('non performing loans' ou NPL), un traitement règlementaire spécifique pour les expositions des banques au risque souverain (actuellement considéré comme nul en droit européen).

D'après ces huit pays, le FME, qui devrait demeurer dans le champ intergouvernemental, devrait jouir de compétences accrues en matière de surveillance des plans de sauvetage des pays de la zone euro et d'un cadre pour une restructuration ordonnée de la dette souveraine de pays en difficulté. (Mathieu Bion)

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