Le ministre de l’Intérieur slovaque, Robert Kaliňák, a annoncé sa démission, lundi 12 mars, après que des dizaines de milliers de Slovaques ont défilé vendredi 9 mars dans le pays pour protester contre la corruption et réclamer sa démission ainsi que celle du Premier ministre, Robert Fico.
Ces manifestations se sont tenues dans le contexte de l'assassinat, fin février, du journaliste Ján Kuciak qui enquêtait sur des faits de corruption liée à la présence dans le pays de la mafia calabraise et ses liens avec les hommes politiques slovaques. L’opposition réclamait aussi la tête du ministre de l’Intérieur, dont le nom a par ailleurs déjà été cité dans des affaires de corruption.
« Je démissionne du poste de ministre de l'Intérieur et du poste de vice-premier ministre », a déclaré M. Kaliňák au cours d'une conférence de presse, cité par l’AFP. Sa décision a pour but de permettre au gouvernement de coalition de Robert Fico de survivre, puisque l’un des partis de la coalition au pouvoir, le Most-Hid, avait envisagé sa sortie du gouvernement au cas où M. Kaliňák refuserait de démissionner.
Dimanche 11 mars, Manfred Weber, le chef de file du groupe PPE au Parlement européen avait appelé, via Twitter, Robert Fico, issu de la famille sociale-démocrate, à se débarrasser de son ministre sous peine de saper la crédibilité de son gouvernement.
Robert Kaliňák avait été l’une des figures de la contestation menée par les pays de Visegrád contre les dispositifs de relocalisation obligatoire des demandeurs d’asile dans l'UE. En 2016, sous la présidence slovaque du Conseil de l'UE, il avait fait avancer les travaux de la réforme du système dit de Dublin sur les demandeurs d'asile vers des mesures de solidarité alternative.
Une délégation de six eurodéputés s’est rendue en Slovaquie les 8 et 9 mars, pour se renseigner sur le contexte de l’assassinat du jeune journaliste et rencontrer notamment des ONG (EUROPE 11973). Leurs découvertes alimenteront un débat en plénière, le 14 mars. (Solenn Paulic)