Le Parlement veut que les sanctions européennes « appropriées », déjà adoptées contre sept officiels vénézuéliens, soient « étendues aux principaux responsables de l’aggravation de la crise politique, sociale, économique et humanitaire, à savoir le président (Maduro), le vice-président, le ministre de la Défense et les membres du haut commandement militaire », dans une résolution commune des groupes PPE, CRE et ADLE adoptée jeudi 8 février (EUROPE 11944).
Les députés préconisent de « nouvelles mesures diplomatiques et économiques », notamment contre la compagnie pétrolière publique PDVSA, si la situation des droits de l’homme se dégrade encore. Et ils invitent le Procureur de la Cour pénale internationale à « ouvrir des enquêtes sur les violations des droits de l’homme perpétrées par le régime vénézuélien ».
Le PE déplore la décision de la Cour suprême vénézuélienne d’interdire aux représentants de l’opposition politique, la Mesa de la unidad Democrática (MUD), de se présenter aux élections présidentielles qui auront lieu dimanche 22 avril.
À l’automne 2017, le Parlement avait décerné le Prix Sakharov pour la liberté de pensée à l’opposition et aux prisonniers politiques vénézuéliens (EUROPE 11925 et 11892).
Mardi 6 février, lors du débat en session plénière, la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, a rappelé que les sanctions adoptées par le Conseil à l’encontre des sept dirigeants vénézuéliens étaient les premières du genre visant un pays latino-américain. « Aucune condition artificielle ne devrait être imposée pour limiter la participation de partis politiques », a-t-elle souligné.
Pour José Salafranca Sánchez-Neyra (PPE, espagnol), le PE se devait à nouveau de « hausser le ton » face à la dérive autoritaire du régime Maduro. Ramón Jáuregui Atondo (S&D, espagnol) a constaté « l’échec » de la révolution chaviste de Maduro. « Pour moi, le socialisme c'est l'égalité, mais aussi la liberté », a-t-il ajouté. Au nom du groupe Verts/ALE, l’Espagnol Ernest Urtasun a regretté que la résolution manie le bâton sans insister sur l’importance du « dialogue ». Javier Couso Permuy (GUE/NGL, espagnol) a fustigé les sanctions européennes « unilatérales et partisanes » qui constituent, selon lui, « un sabotage direct des discussions ». Quant à Jean-Luc Schaffhauser (ENL, français), le Venezuela est surtout victime de « l’impérialisme » des États-Unis. (Mathieu Bion)