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Bulletin Quotidien Europe N° 11957
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ACTION EXTÉRIEURE / Mercosur

En vue d'un accord commercial, l'UE peine à obtenir des concessions sur l'automobile, les produits laitiers et les règles d'origine

Les négociateurs de l'UE peinent à obtenir des concessions de leurs homologues du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) concernant l'accès au marché dans les secteurs automobile et des produits laitiers ainsi que sur les règles d'origine, a-t-on appris de sources européennes et sud-américaines, jeudi 8 février, alors que s'achevait une session de pourparlers au plan technique à Bruxelles.

À ce stade, les conditions ne sont pas encore réunies pour la conclusion d'un accord politique, bien que les pourparlers touchent au but, selon nos informations.

Les négociateurs de la Commission et des pays du Mercosur pourraient se retrouver la semaine du 19 février à Asuncion pour réduire les écarts au maximum au plan technique et laisser aux ministres le règlement des questions les plus épineuses sur le plan politique.

L'objectif affiché lors de la réunion ministérielle UE/Mercosur du 30 janvier restait de dégager un compromis avant le début de la campagne pour les élections générales au Brésil, en mars.

Un accord politique que le ministre uruguayen des Affaires étrangères, Rodolfo Nin Novoa, a dit, samedi 3 février, attendre lors d'une réunion ministérielle « le 26 février à Asuncion ».

Parmi les principaux points d'achoppement subsiste la question de l'accès au marché pour les voitures et les pièces détachées automobiles, un intérêt offensif clé pour l'UE. L'Allemagne et la France poussent pour obtenir un accès accru au marché sud-américain, selon une source européenne.

De même, la question de l'accès au marché du Mercosur pour les produits laitiers européens reste délicate, notamment du fait d'une forte résistance de l'Uruguay.

Le week-end dernier, M. Nin Novoa a rappelé que les produits laitiers représentaient « une ligne rouge » pour son pays, en raison de la chute des prix internationaux.

Pour tenter de sceller un accord politique, l'UE a proposé, fin janvier, une offre recalibrée en matière d'accès au marché agricole, reposant en particulier sur un quota d'importation tarifaire de l'UE pour le bœuf sud-américain qui serait porté de 70 000 à 99 000 tonnes.

Cette offre recalibrée est conditionnée à des concessions du Mercosur concernant l'accès à son marché pour les produits industriels (en particulier les voitures et les pièces détachées automobiles), les services (en particulier les services maritimes), pour des produits agricoles tels que les produits laitiers, mais aussi à l'ouverture des marchés publics et la protection des indications géographiques de l'UE.

Selon nos informations, les pourparlers seraient bien avancés sur les services maritimes et sur les indications géographiques, grâce, sur ce dernier point, à des concessions européennes.

Concernant les concessions européennes dans le domaine agricole, l'UE serait prête à faire un geste sur un autre produit sensible clé : l'éthanol (pour lequel l'UE a accepté, dans sa dernière offre, d'ouvrir un contingent de 600 000 tonnes).

En revanche, concernant le sucre, le Mercosur, qui cherche à obtenir un contingent plus grand et un tarif plus bas que ceux que l'UE lui offre (un quota à 120 000 tonnes au tarif de 98 euros par tonne), aurait réduit ses exigences, admettant la compétitivité moindre des produits, sur un marché européen où les prix ont chuté depuis la fin des quotas de production à l'automne dernier.

Enfin, négociateurs européens et sud-américains sont à la peine sur la question complexe des règles d'origine. Un dossier dans lequel l'industrie brésilienne a une exigence essentielle qui est le maintien du régime spécial de ristourne douanière (duty drawback), qui exempte les intrants importés pour la fabrication de produits qui seront exportés.

« Il y a des questions importantes pour le développement de l'industrie brésilienne qui doivent être acceptées par l'UE, telles que l'inclusion des duty drawback et la non-inclusion des disciplines liées aux produits manufacturés », a indiqué la confédération brésilienne de l'industrie (CNI), dans un entretien avec le quotidien brésilien Valor. (Emmanuel Hagry)

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