Le Premier ministre portugais, António Costa, a pris position en faveur de la création d’« une capacité budgétaire pour la zone euro dotée de ressources propres », mercredi 31 janvier au Comité européen des régions.
Cette capacité budgétaire devrait permettre de « soutenir les investissements » dans les pays faisant des réformes, a souligné M. Costa. De cette manière, les programmes nationaux de réforme, dont la transmission à la Commission est une étape importante du processus budgétaire du ‘Semestre européen’, se mettraient au service de la croissance et de la convergence.
Selon M. Costa, une capacité budgétaire pour la zone euro ne matérialiserait ni une Europe de transferts, concept rejeté par l’Allemagne, ni ne remplacerait la politique de cohésion via des instruments budgétaires.
La Commission européenne préconise de créer, dans le cadre financier pluriannuel post-2020, une ligne budgétaire ‘zone euro’ au sein du budget de l’UE qui sera, lui, adopté à vingt-sept (EUROPE 11920). La France prône un budget propre à la zone euro géré à dix-neuf sur un mode intergouvernemental. Le Portugal préfère, à cet égard, la méthode communautaire à la méthode intergouvernementale. « Le pire serait de n'avoir rien du tout », a-t-il souligné.
L’ancien maire de Lisbonne et ancien membre, à ce titre, du Comité des régions a aussi défendu une politique de cohésion robuste après 2020, concrétisée en impliquant les échelons infranationaux, qui soutienne les territoires en difficulté en tenant compte de leurs spécificités, à l’instar des régions ultrapériphériques.
Migration. M. Costa a aussi prôné une politique migratoire européenne qui parvienne à répartir les responsabilités dans la gestion des flux migratoires entre les États membres. La responsabilité de l’accueil ne peut pas incomber uniquement aux pays de première entrée comme la Grèce et l’Italie et aux pays où veulent se rendre les migrants, comme l’Allemagne ou la Suède.
Le Premier ministre portugais a indiqué que son pays avait offert 10 000 places d’accueil, un chiffre supérieur aux quotas attribués en 2015. Seules « 1 500 personnes » ont été relocalisées, a-t-il indiqué. Cela, notamment parce que certaines personnes relocalisées ont depuis quitté le pays à la faveur du regroupement familial ailleurs en Europe. (Mathieu Bion)