Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a mis en garde la Roumanie, mercredi 31 janvier, contre toute tentation de dévier de la « marche vers l’État de droit » entamée par le pays depuis 2007. Il a assuré le gouvernement roumain que, si certains projets de loi controversés restaient sur la table, « et la suppression du Mécanisme de coopération et vérification, et l’adhésion à l’espace Schengen se poseraient en de tout autres termes ».
Le président de la Commission recevait mercredi le président roumain, Klaus Iohannis, venu, lui aussi, faire part à la Commission de ses préoccupations sur le respect de l’État de droit et de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Le président roumain avait jusqu’ici refusé de valider des lois controversées sur la lutte contre la corruption, et la Cour constitutionnelle roumaine a d’ailleurs d’elle-même retoqué certains projets en début de semaine. M. Iohannis a promis de tout faire pour préserver l’indépendance de la justice roumaine.
M. Juncker, de son côté, a réitéré la volonté de la Commission de mettre un terme au Mécanisme de coopération et vérification (MCV), qui s’applique au pays ainsi qu’à la Bulgarie depuis 2007 pour surveiller les réformes judiciaires et la lutte contre la corruption (EUROPE 11905). Il a également redit son souhait que la Roumanie et la Bulgarie rejoignent l'espace Schengen de libre circulation, où ces deux pays ont toute leur « place ». Mais le président a souligné que le chemin vers un État de droit et une justice indépendante était une voie « irréversible ». Il a également rappelé aux législateurs que, plus vite ces lois controversées seraient écartées, plus « facile » il sera de convaincre les autres États membres d'intégrer la Roumanie dans Schengen.
Le Parlement roumain a confirmé, lundi 29 janvier, la désignation de Viorica Dăncilă au poste de Premier ministre. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, l’a congratulée mardi 30 janvier et a redit l’importance pour la Roumanie de se maintenir sur la voie des réformes et la voie de l’État de droit, d’autant plus à un an de la présidence roumaine du Conseil de l’UE. (Solenn Paulic)