La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a annoncé, mercredi 31 janvier, que l’Union européenne allait débloquer 42,5 millions d’euros supplémentaires pour aider les Palestiniens.
« Nous venons tout juste d’adopter un nouveau paquet d’aide de 42,5 millions d’euros, y compris pour des activités à Jérusalem-Est », a-t-elle annoncé en amont de la réunion exceptionnelle du comité de liaison ad hoc sur la Palestine (AHLC) à Bruxelles, en présence de la ministre norvégienne des Affaires étrangères, Ine Marie Eriksen Søreide.
Sur ces 42,5 millions issus de l'Instrument européen de voisinage (IEV), 14,9 millions serviront à financer des activités à Jérusalem-Est en vue de préserver le caractère palestinien de la ville et de lutter contre la détérioration des conditions de vie des Palestiniens. L’objectif est de stimuler le développement économique. 27,6 millions aideront à la construction « d'un État palestinien démocratique et responsable au moyen de réformes politiques ciblées, de l'assainissement des finances publiques, du renforcement des entreprises et des PME, de la consolidation de la société civile palestinienne et de la mise en place de l'accès à l'eau et à l'énergie », a précisé la Commission dans un communiqué.
Cette annonce de financement est bienvenue, car « une hausse du soutien financier est nécessaire de manière urgente », a expliqué la ministre norvégienne, à l’issue de la réunion de l’AHLC qui a réuni des représentants israéliens, palestiniens, de l’UE, des Nations Unies, d’organisations financières, du Quartet et de 22 pays, dont 7 de l’UE (Allemagne, France, Espagne, Italie, Pays-Bas, Suède et Royaume-Uni).
L’aide aux Palestiniens fait partie du soutien de l’UE à une solution à deux États. « On doit maintenir l’horizon politique pour la solution à deux États, car il n’y a pas d’autre solution politique durable », a expliqué Mme Mogherini. Mais entretemps, « plusieurs mesures pratiques peuvent progresser sur le terrain », selon la Haute Représentante, citant, entre autres, le soutien à l’Autorité palestinienne et à l’UNRWA (voir autre nouvelle), le travail sur la sécurité, Gaza et la Cisjordanie unies sous une même autorité.
De son côté, à l'issue de la réunion de l'AHLC, le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad Al-Malki, a expliqué que les participants avaient réitéré leur engagement à poursuivre leur soutien aux Palestiniens. Les parties doivent travailler, notamment en vue des prochaines réunions de l’AHLC, en mars et en septembre, a estimé Mme Eriksen Søreide. « Nous devons nous concentrer maintenant sur des choses qui conduisent à une solution à deux États et on doit travailler sur ce qu'il est possible de faire. Si on peut faire les deux et continuer notre dialogue, je pense que l’on a la possibilité de faire légèrement avancer ce processus », a-t-elle expliqué, estimant aussi qu’il était « vital de reprendre les négociations de paix ». Selon la ministre norvégienne, « il y a une véritable volonté (des parties) de s’asseoir autour de la table et de commencer à créer de la confiance, de commencer à discuter des questions politiques et des questions pratiques ». Elle a annoncé que les participants à la réunion avaient souligné « leur soutien à des initiatives pour relancer des négociations constructives pour négocier sur toutes les questions du statut final ». « Il sera impossible d'atteindre les objectifs de construction de l'État (de Palestine) jusqu'à ce que nous ayons des négociations sur les questions en suspens concernant le statut final », a-t-elle ajouté.
« Nous savons que, si cela dépendait de chacun, individuellement, les États avanceraient dans la reconnaissance de l’État de Palestine, mais nous réalisons que, dans la politique internationale, ils prennent en compte ce que les autres font », a pour sa part reconnu M. Al-Malki, ajoutant que, lors de la réunion, les participants avaient expliqué que leur position sur Jérusalem n’avait pas changé, malgré la reconnaissance américaine de Jérusalem en tant que capitale d’Israël. Selon le ministre israélien de la Coopération régionale, Tzachi Hanegbi, « tout est sur la table, y compris la destinée de Jérusalem ». (Camille-Cerise Gessant)