Le collège des commissaires a eu un échange de vues, mercredi 31 janvier, sur la révision tant attendue de la directive européenne 'eau potable' et s’apprête à faire d’une pierre deux coups : améliorer la qualité de l’eau et répondre à l’Initiative citoyenne Right2Water, dans les limites de ses compétences, partagées avec les Vingt-huit.
La proposition de la Commission, qui mettra à jour la directive de 1998 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine (98/83/CE) sera présentée par le vice-président Frans Timmermans (Développement durable) et le commissaire Karmenu Vella (Environnement) jeudi 1er février, jour où le texte sera adopté par procédure écrite (EUROPE 11949).
« Nous avons discuté des moyens d’améliorer la qualité de l’eau potable et l’accès à cette ressource, en particulier pour les groupes vulnérables et marginalisés. Nous envisageons, à cette fin, la révision de la directive ‘eau potable’. Et nos suggestions couvrent aussi d’autres points, comme la garantie que les fournisseurs d’eau donneront aux consommateurs une information claire sur la consommation d’eau ou encore la mise à jour de la liste des substances permettant de déterminer la sécurité de l’eau », a déclaré à la presse le vice-président Jyrki Katainen, responsable de l’Emploi, la Croissance, l’Investissement et la Compétitivité, à l’issue de la réunion
« Nos suggestions sont conformes à l’esprit du socle européen des droits sociaux. En d’autres termes, tous les citoyens de l’UE ont un droit à l’eau propre, saine et potable, mais pas nécessairement dans des bouteilles en plastique à usage unique », a-t-il ajouté en faisant allusion à la première stratégie européenne sur les plastiques, présentée récemment par la Commission (EUROPE 11941, 11940).
De nouveaux paramètres pour une sécurité accrue. Pour mettre à jour les paramètres chimiques et microbiologiques définis il y a plus de vingt ans, le projet de texte, vu par EUROPE, prévoit d’ajouter de nouvelles substances et des substances présentant un risque émergent, assorties de valeurs paramétriques, à la liste des critères permettant de déterminer la sécurité de l'eau, selon les recommandations de l’OMS. Seraient concernés le chlorate (CIO3) et le chlorite (CIO2), et deux composants perfluorés.
S’agissant des perturbateurs endocriniens, la Commission ajouterait le beta-estradiol, le nonylphénol et le bisphénol A, assortis des valeurs de référence suggérées par l’OMS.
Seraient en revanche retirés de l’annexe I (paramètres et valeurs paramétriques) : le benzène, le cyanure, le 1,2-dichloroethane, le mercure et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), selon ce que recommande l'OMS.
Un meilleur accès à l'eau potable. Un nouvel article serait introduit dans la directive (article 13) qui imposerait aux États membres d'évaluer la part de la population privée d'accès à l'eau potable, d'informer ces personnes de leurs possibilités d'accès au réseau de distribution, d'encourager la consommation d'eau du robinet dans les bâtiments publics et les restaurants. Les États membres seraient en outre tenus de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir l'accès à l'eau potable aux groupes de population vulnérables et marginalisés.
Mercredi matin, le vice-président Timmermans a eu avec les organisateurs de l'ICE Right2Water une « rencontre très constructive », selon les termes utilisés sur son compte Twitter. (Aminata Niang)