Du changement politique à la tête du Zimbabwe, après la démission de Robert Mugabe, l’UE attend beaucoup pour le pays et c’est un signal d’ouverture qu’elle a adressé lundi 22 janvier aux autorités zimbabwéennes pour les encourager à répondre aux attentes de leur peuple en termes de progrès sur la voie démocratique et de réformes profitables aux Zimbabwéens.
De ces progrès tangibles dépendra la reprise éventuelle de la coopération entre l'UE et le Zimbabwe : tel est le message exprimé par le Conseil de l'UE dans les conclusions adoptées lors de la réunion des ministres européens des Affaires étrangères, à Bruxelles (EUROPE 11943).
Le Conseil souligne que la « transition politique en cours peut ouvrir la voie au plein retour à l’État de droit, dans un cadre constitutionnel et sous un régime civil, ce qui permettrait de préparer et de mettre en œuvre les réformes politiques et économiques dont le pays a tant besoin ».
L’UE réitère qu’elle est disposée à coopérer avec les nouvelles autorités, avec l’ensemble des acteurs politiques et la société civile sur la base d’un engagement mutuel envers les droits de l’homme, les principes démocratiques et l’État de droit, en coordination avec les partenaires africains et internationaux.
Elle insiste à cet égard sur l’importance que revêtira la mise en place des conditions nécessaires à l'organisation et la tenue d'élections « pacifiques, inclusives, crédibles et transparentes », comme « étape essentielle » sur la voie démocratique. L'UE envisage de dépêcher, le moment venu et si l'invitation lui en est faite, une mission d'observation électorale au Zimbabwe.
Saluant l'intention déclarée des autorités zimbabwéennes de mener des réformes économiques pour encourager la création d'emplois, la croissance et le développement durable à long terme, l'UE réaffirme « sa volonté de soutenir la planification et la mise en œuvre de changements structurels indispensables et la promotion de la bonne gouvernance ». Elle assure qu'elle appuiera les autorités pour que soient rétablies aussi rapidement que possible des relations constructives avec les institutions financières internationales, fondées sur un programme de réformes politiques et économiques claires, assorti d'un calendrier.
L’UE se dit prête « à revoir à tout moment tout l'éventail de ses politiques concernant le Zimbabwe afin de prendre en compte les progrès accomplis dans le pays ». (Aminata Niang)