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Bulletin Quotidien Europe N° 11944
ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

Les ministres européens plutôt favorables au projet de mandat pour négocier l’après-Cotonou avec les ACP

Après plusieurs débats préparatoires l’an dernier, les ministres européens des Affaires étrangères, réunis à Bruxelles, ont, pour la première fois, lundi 22 janvier, eu un échange de vues sur le projet de mandat de négociation sur la table relatif au partenariat à moderniser entre l’UE et les 79 pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) après 2020, à l’expiration de l’Accord de Cotonou.

Près de la moitié des ministres ont pris la parole lors de cet échange liminaire. À défaut d’entrer dans les détails, celui-ci a permis de dégager un soutien général à l’architecture du futur accord envisagé par la Commission européenne dans les directives de négociation qu’elle avait proposées au Conseil le 12 décembre dernier (EUROPE 11924).

L’idée d’un accord général, fondé sur des valeurs communes, et complété par trois partenariats renforcés ciblés sur les spécificités de chacune des trois régions fait l’unanimité. Les éléments essentiels de l’accord parapluie - la démocratie et les droits humains, la croissance économique et l’investissement, le changement climatique, l’éradication de la pauvreté, la paix et la sécurité et la migration - font également l’objet d’un consensus. 

Les ministres européens ont la volonté de capitaliser sur l’expérience acquise grâce à l’Accord de Cotonou en matière de dialogue politique sur le respect des droits de l’homme, l’État de droit, les principes démocratiques et la bonne gouvernance (éléments essentiels de l'Accord de Cotonou), mais aussi sur la question des migrations.

Allemagne et Danemark sont favorables à ce que le futur partenariat s’ouvre à d’autres pays en développement que les seuls ACP, ce qui permettrait notamment d’inclure les pays d’Afrique du Nord et de petits États insulaires (EUROPE 11792). Le ministre danois, Anders Samuelsen, a réitéré qu’il était en faveur d’un partenariat ambitieux qui fasse une large place au dialogue politique et se focalise sur l’Afrique avec la possibilité d’ouvrir l’accord à d’autres pays.

La Belgique, sur ce point, est assez ouverte. Une chose est sûre : comme la France, elle souhaite un accord contraignant ; les pays ACP aussi, d’ailleurs. « J’espère qu’on pourra continuer à travailler de manière ambitieuse avec ces pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique », a déclaré à la presse le ministre belge, Didier Reynders.

Devant la presse, le ministre adjoint allemand aux Affaires européennes, Michael Roth, a insisté sur l’importance qu’attache son pays à l’Afrique dans le processus post-Cotonou. « Il s’agit d’approfondir les relations entre l’UE et les États africains, Les questions migratoires sont en jeu, mais pas seulement. Sont également en jeu les questions économiques et, avant tout, la protection du climat. Nous voulons voir comment nous pouvons créer des gouvernements stables, pacifiques, ce pour quoi, l’État de droit et la démocratie jouent un rôle. Nous voulons garantir que l’acquis de l’Accord de Cotonou soit assuré aussi pour l’avenir entre l’UE et l’Afrique », a–t-il déclaré.

Les États ACP, eux, entendent bien rester solidaires en tant que groupe ACP et former une plate-forme commune avec l'Union africaine (EUROPE 11924, 11782)

L’objectif de la Présidence bulgare du Conseil de l'UE est de parvenir à un accord entre Européens au plus tard en mai prochain pour pouvoir entamer les négociations avec les pays ACP. (Aminata Niang)

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