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Bulletin Quotidien Europe N° 11942
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bei

La Banque de l'UE veut stimuler son aide au développement en créant une filiale

La Banque européenne d'investissement (BEI) souhaite s'investir encore plus en 2018 dans l'aide au développement hors de l'UE. Pour ce faire, elle verrait d'un bon œil la mise en place d'une structure dédiée s'inspirant de l'expérience positive du plan 'Juncker' d'investissement.

« L'Union européenne est de loin le plus grand contributeur en matière d'aide au développement, mais cette action est trop peu visible », a constaté le président de la BEI, Werner Hoyer, en présentant à Bruxelles les activités de la Banque de l'UE en 2017. Selon lui, l'expérience acquise avec le plan 'Juncker' d'investissement, qui fournit une garantie financière publique au lieu de subventions aux porteurs de projet dans l'UE, devrait être reproduite afin de stimuler la finance en faveur du développement de pays tiers.

L'idée n'est pas forcément d'augmenter les volumes, mais de « valoriser mieux chaque euro mobilisé », a souligné M. Hoyer, qui vient d'entamer un nouveau mandat de six ans. Il a évoqué des discussions initiées avec les États membres et la Commission européenne en vue d'établir « une structure dédiée au sein du Groupe BEI, pas une institution, qui se consacre totalement à la finance pour l'aide au développement ».

En décembre, la BEI avait déjà présenté ses idées préliminaires aux ministres européens des Finances et des Affaires étrangères.

En 2017, le groupe BEI a octroyé des financements pour une enveloppe supérieure à 78 milliards d'euros ventilés notamment comme suit : 14 milliards à des projets porteurs d'innovation, 17 milliards à des projets environnementaux, 18 milliards à des projets d'infrastructure et 30 milliards de projets portés par des PME.

Plus de 900 projets ont été approuvés, soit une hausse de 15 %, souvent de plus petite taille ; cela montre qu'un nombre supérieur d'entités sont en mesure de faire appel à nos services, a noté M. Hoyer.

Brexit. En volume, toutefois, le groupe BEI a moins prêté en 2017 qu'en 2016. Cela est dû à une moindre activité en Turquie ainsi qu'à une demande moindre au Royaume-Uni, a indiqué le président de la BEI.

La sortie du Royaume-Uni de l'UE constitue un défi à moyen terme tant pour la BEI que pour les Britanniques. Tant qu'il est membre de l'UE, le Royaume-Uni détient 16 % du capital de l'institution européenne. « La fin des interventions de la BEI dans cet État membre se fera sentir dans le pays parce que le Royaume-Uni ne dispose pas, à l'heure actuelle, de banque nationale de développement », a considéré M. Hoyer.

Et l'ancien ministre allemand d'admettre que la BEI avait été « durement touchée » par l'affaire « décevante » du Dieselgate à travers des prêts octroyés au constructeur automobile allemand Volkswagen notamment dans le but de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il a assuré que l'institution a rehaussé la sévérité des critères sociaux et environnementaux afin de maintenir sa crédibilité, selon elle, parmi les plus élevées du marché. (Mathieu Bion) 

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