Plusieurs députés européens ont appelé l’UE à faire plus pour résoudre le conflit israélo-palestinien, mardi 12 décembre, alors que le président américain Donald Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël.
« On devrait regarder de façon réaliste le rôle de l’UE dans la résolution du conflit, mais notre position est malheureusement faible », a regretté Cristian Dan Preda (roumain) au nom du PPE, ajoutant que « répéter que l’on est pour une solution à deux États ne la fera pas magiquement se matérialiser ; il faut donc faire plus pour avoir un accord de paix durable et la reprise de négociations directes ».
« Nous devons jouer notre rôle, nous avons besoin plus que jamais d’une Europe unie, il faut revenir à une solution à deux États (…) trouver une solution négociée. Cela fait des mois que l’on discute et il faut trouver la clé et lancer le moteur », a souligné la Belge Hilde Vautmans, pour l’ADLE.
« Le moment est venu pour l’UE d'agir », a estimé l’Espagnole Elena Valenciano, au nom du S&D. « Il faut reconnaître la Palestine en tant qu’État ; c’est la réponse que mérite le président Trump pour cette provocation. Et nous le devons au peuple palestinien. Il est temps que l’UE fasse preuve de force politique et morale », a-t-elle expliqué. Au nom des non-inscrits, Konstantinos Papadakis (Grèce) a aussi appelé à la reconnaissance d’un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale et Neoklis Sylikiotis (GUE/NGL, chypriote) a appelé l'UE à « agir plus fermement pour exiger » cette reconnaissance.
Pour Margrete Auken (Verts/ALE, danoise), les États-Unis ne seront pas un « intermédiaire honnête », l’UE doit donc « entreprendre une initiative diplomatique pour relancer le processus ».
La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a défendu ses actions, estimant que l’UE avait une position crédible. « Ce n’est dans l’intérêt de personne de voir le rôle des États-Unis discrédité (…) il ne pourra pas y avoir de paix sans l'engagement des États-Unis », a-t-elle expliqué. Selon elle, il ne faut ni une initiative européenne ni une initiative américaine, mais unir les forces. « Le rôle de l’UE est d’essayer d’aider à avancer vers la reprise des négociations », a-t-elle ajouté. (Camille-Cerise Gessant)