Les chefs d’État ou de gouvernement devraient poursuivre les discussions en lien avec le sommet social de Göteborg, qui s’est tenu en novembre dernier, et adopter des conclusions sur les prochaines étapes à suivre, notamment pour mettre en œuvre le socle européen des droits sociaux. Une part importante sera consacrée à l’éducation et à la culture.
Pour plusieurs sources diplomatiques, ce Conseil européen marque une étape importante suite à l’impulsion donnée en novembre dernier lors du Sommet social de Göteborg (EUROPE 11907, 11906).
Les conclusions provisoires du 11 décembre, consultées par EUROPE, consacrent toute une partie à la dimension sociale de l’Union européenne ainsi qu’à l’éducation et à la culture.
Les chefs d’État ou de gouvernement rappellent d'emblée que le social et l’éducation sont des compétences nationales, « mais que beaucoup peut être fait en travaillant ensemble ».
Sur la dimension sociale, les États membres soulignent la nécessité de mettre en œuvre le socle européen des droits sociaux au niveau européen et au niveau national, toujours dans le respect des compétences respectives, et aussi promouvoir le dialogue social à « tous les niveaux » et, notamment, le ‘New start for social dialogue’, un engagement pris par le Conseil et la Commission pour renforcer le dialogue social en juin 2016 (EUROPE 11581).
Une source européenne a expliqué à EUROPE que la Commission avait fait beaucoup en ce sens, mais que le chemin restait long pour les États membres et, notamment, ceux de l’Est, en particulier en Hongrie, Bulgarie et Roumanie, selon cette même source.
Les États membres soutiennent le programme de la Commission européenne pour 2018. Pour rappel, la Commission compte présenter le projet d’une Autorité européenne du travail (EUROPE 11861), un projet cher à la France. Le Conseil européen s’engage à poursuivre les priorités pour lutter contre les inégalités entre les genres et avancer pour renforcer les compétences des Européens en lien avec la nouvelle stratégie européenne pour les compétences et les recommandations sur le parcours de renforcement des compétences pour les adultes, un ‘parcours’ visant les personnes ayant de difficultés pour des tâches quotidiennes, comme la lecture, l’écriture, le calcul, ou encore l’usage d’outils numériques quotidiens.
Éducation et culture : faire suite au déjeuner de Göteborg
Pour rappel, lors du Sommet social de Göteborg, les chefs d’État ou de gouvernement, à l’exception de la chancelière allemande et des leaders finlandais et chypriote qui étaient absents, se sont entretenus sur les enjeux liés à l’éducation et à la culture, structurés autour de huit propositions faites par le président du Conseil européen, Donald Tusk (EUROPE 11907). Ce dernier avait indiqué, à l’issue du Sommet, vouloir intégrer le résultat des discussions dans les conclusions du Conseil européen de décembre.
Ainsi, le Conseil européen appelle les États membres à accentuer la mobilité et l’échange en renforçant de manière « substantielle » le programme Erasmus+ ainsi que les partenariats entre les institutions d’enseignement supérieur. L’objectif est de créer une vingtaine d’universités européennes, c’est-à-dire un réseau ‘ascendant’ d’universités à travers l’Union européenne qui permettrait aux étudiants d’obtenir un diplôme en combinant plusieurs études dans plusieurs États membres. Les États membres appellent aussi à renforcer les formations linguistiques de manière à ce que les jeunes puissent parler au moins deux langues européennes en plus de leur langue maternelle. Il s’agit là d’une demande exprimée en ces termes par le président français, Emmanuel Macron, lors de son discours à la Sorbonne sur sa vision de l’avenir de l’Union européenne (EUROPE 11870). Les États membres prévoient notamment le renforcement de la mobilité estudiantine par le biais de la carte d’étudiant européenne (‘European Student Card’) et le renforcement de la reconnaissance mutuelle entre les institutions d’enseignement supérieur, mais aussi au niveau du cycle secondaire.
Dans ce cadre, la Commission est invitée à présenter de propositions pour le printemps 2018.
Les syndicats inquiets. La secrétaire confédérale de la Confédération européenne des syndicats, Esther Lynch, a fait part à EUROPE de sa déception, étant donné qu’il n’y a pas d’appel pour un plan d’action de mise en œuvre du socle social, qui aurait pourtant pu donner la marche à suivre pour les institutions européennes pour le mettre en œuvre. (Pascal Hansens)