Le Parlement européen a exhorté, jeudi 30 novembre, la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, à présenter « de toute urgence une stratégie intégrée de l’Union pour le Yémen ».
Dans la résolution commune des groupes CRE, ADLE, ELDD, S&D, GUE/NGL, Verts/ALE et PPE, qu’ils ont adoptée à une très large majorité (539 pour, 13 contre et 81 abstentions), les députés demandent aussi à la Haute Représentante d’œuvrer à nouveau en faveur d’une initiative pour la paix au Yémen sous l’égide des Nations unies, reconnaissant les efforts déjà déployés afin de faciliter la reprise des négociations.
Rappelant que le ciblage délibéré des civils et des infrastructures civiles équivalait à une violation grave du droit humanitaire international, le Parlement exhorte la communauté internationale à prendre des mesures pour que les auteurs de violations du droit international au Yémen soient poursuivis. « Pour parvenir à un règlement durable du conflit, il est indispensable de veiller à ce que les responsabilités soient établies pour toutes les violations perpétrées », estiment les députés.
Une nouvelle fois, le PE appelle les États membres à adopter un embargo sur les armes à l’encontre de l’Arabie saoudite, « compte tenu de la gravité des accusations qui pèsent sur ce pays au regard de la violation du droit humanitaire au Yémen ».
Le Parlement presse également toutes les parties au conflit à répondre de « manière constructive » aux efforts faits pour la reprise des négociations, « sans imposer de conditions préalables ». Toutes les parties au conflit doivent se concerter d'urgence pour mettre fin aux hostilités « première étape d’une reprise des pourparlers de paix sous l’égide de l’ONU », insiste le Parlement.
« Gravement préoccupé par la dégradation alarmante de la situation humanitaire au Yémen », et déplorant la fermeture des ports, aéroports et postes-frontière terrestres par la coalition, le Parlement exhorte celle-ci à garantir la reprise immédiate des activités des ports d’Hodeida et de Saleef et l’ouverture des frontières terrestres pour l’aide humanitaire et l’acheminement des marchandises de base. Les députés demandent aussi des sanctions ciblées contre les personnes qui entravent l’acheminement de l’aide humanitaire. (Camille-Cerise Gessant)