Dans un rapport conjoint publié mardi 28 novembre, l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) et Europol ont fait état de nouvelles tendances à la hausse pour les ventes de drogues en ligne sur le réseau internet parallèle (ou ‘darknet’) et émis des recommandations pour lutter contre ce phénomène de nature dynamique.
« En seulement quelques clics, les consommateurs peuvent acheter presque n'importe quel type de drogue sur le darknet, qu'il s'agisse de drogues synthétiques, de cannabis, de cocaïne, d'héroïne ou de nouvelles substances psychoactives, y compris des fentanyls très puissants », a déclaré le directeur de l’OEDT, Alexis Goodsdeel, dans un communiqué.
Malgré certaines difficultés pratiques à obtenir des données en la matière, le rapport estime qu’environ deux tiers des offres sur les marchés du ‘darknet’ sont liés à la drogue. Selon les chiffres avancés pour la période 2011-2015, les fournisseurs européens sont responsables d’environ 46 % de toutes les ventes de drogues dans le monde, soit 80 millions d’euros.
Sur deux périodes d’études (2011-2015 et 2015-2017), l’Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont été les principaux pays fournisseurs de drogues sur ces réseaux, indique le rapport. En tête des produits les plus vendus sur ces marchés figurent les drogues stimulantes tandis que les nouvelles substances psychoactives restent beaucoup moins vendues.
Le rapport met l’accent sur la nature dynamique de ces marchés en ligne, notamment leur capacité à évoluer pour contrer les menaces et exploiter les nouvelles opportunités, nécessitant ainsi une capacité de suivi renforcée dans les États membres. Par ailleurs, il souligne que les États membres manquent souvent d'experts possédant à la fois une compréhension technique des enquêtes sur la cybercriminalité et une expertise dans les activités criminelles liées aux drogues.
Afin de mieux lutter contre ce phénomène, les deux agences recommandent notamment de mettre en place une « approche multiagences », de concert avec l’industrie, afin de mieux cibler les nouveaux marchés sur lesquels ce type d’activités peut se déplacer. Elles préconisent par ailleurs de prioriser les enquêtes de grande ampleur ainsi que de reconnaître les synergies existantes entre les questions de santé et de sécurité dans ce domaine.
« La législation existante doit être revue et, si nécessaire, adaptée pour fournir un environnement juridique plus harmonisé », écrivent-elles. Le rapport est disponible à la page : http://bit.ly/2Bx6sqg. (Marion Fontana)