login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11915
Sommaire Publication complète Par article 14 / 28
ACTION EXTÉRIEURE / Afrique

Européens, Africains et ONU s’engagent à coopérer davantage contre les trafics de migrants, en particulier en Libye

Ce n’est pas un sommet sur la migration, mais sur la montée en puissance du partenariat stratégique entre l’Europe et l’Afrique, et pourtant, le sujet était sur toutes les lèvres, mercredi 29 novembre à Abidjan, à l’ouverture du premier Sommet Union africaine/Union européenne, pour condamner « avec la plus grande fermeté » le scandale des migrants présumés victimes de pratiques esclavagistes en Libye sur lesquelles ce pays a promis d’enquêter.

Les jeunes européens et africains qui ont pris la parole pour formuler leurs recommandations aux chefs d’État et de gouvernement ont été particulièrement virulents, sachant que le sommet a pour thème « Investir dans la jeunesse pour un avenir durable » (EUROPE 11910, 11903).

« Nous vous demandons de vous attacher à promouvoir l’entrepreneuriat pour lutter contre le chômage des jeunes. Les jeunes africains traversent des moments difficiles, notamment ceux en Libye qui cherchent à aller en Europe. L’avenir est en Afrique. L’esclavage n’est pas quelque chose que nous pouvons tolérer. Prenez les décisions qui peuvent sauver la jeunesse en Afrique. Nous n’attendons pas de vous des discours, mais des actes. Ne nous décevez pas », ont-ils lancé à l’entame du sommet, plaidant pour l’accès à l’éducation, aux compétences, à la mobilité et à leurs droits, ainsi que pour leur implication dans le processus de paix et de sécurité, en application de la résolution 2250 du Conseil de sécurité.

Message reçu cinq sur cinq, a voulu montrer le président du Conseil européen, Donald Tusk. « Notre tâche en tant que dirigeants est de prendre les décisions qui rendront l’avenir plus sûr et plus prospère pour notre jeunesse, tant africaine qu’européenne », a-t-il déclaré. À l’heure où de plus en plus de voix s’élèvent pour reprocher à l’Europe d'avoir externalisé sa politique de gestion des flux migratoires africains, il a ajouté : « les récents rapports du traitement réservé à des Africains – spécialement des jeunes - par des passeurs et des trafiquants sont horrifiques. Plus de 5000 personnes se sont noyées en Méditerranée l’année dernière. Nous ne pouvons l’accepter. Nous ne pouvons non plus accepter les commentaires qui montent l’Afrique contre l’Europe ».

Une 'task force' UA/UE/ONU

À la même heure, la Commission européenne annonçait, dans un communiqué, la décision prise par les Nations Unies, l'UA et l'UE de mettre en place une 'task force' conjointe « pour sauver et protéger la vie des migrants et des réfugiés le long des routes migratoires et, en particulier, en Libye, d'accélérer les retours volontaires assistés vers les pays d'origine et la réinstallation de ceux qui ont besoin d'une protection internationale ». Les travaux de cette 'task force' s'effectueront en coordination avec les autorités libyennes. L'Union européenne continuera donc à soutenir financièrement l'Organisation internationale des migrations (OIM) et l'UNHCR, comme elle le fait déjà depuis plus d'un an.

Plaidant pour « une lutte implacable contre la traite des êtres humains », le président de l'Union africaine, Alfa Condé, a déclaré : « nous condamnons énergiquement les actes commis sur la route migratoire ; la communauté internationale doit prendre des mesures fermes pour mettre un terme à ces crimes intolérables d'un autre âge. » Soulignant que la paix, la sécurité et le développement durable étaient à la base du partenariat Afrique/UE, il s'est réjoui que « les priorités de ce sommet - la paix et la sécurité et le développement économique et social - aient « été choisies par l'Afrique ».

La veille, la Haute Représentante de l'UE pour la Politique étrangère et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, avait tenu à dire que « les images que nous avons vues sont choquantes, mais, en tant qu’Italienne, je peux vous dire qu’elles ne sont pas nouvelles. »

« Pour sûr, cela se produit ailleurs », avait estimé le président du Parlement européen, Antonio Tajani, à la clôture du sommet des parlements européen et panafricain, coprésidé par Nkodo Dang. Les deux institutions ont signé une déclaration commune affirmant l'importance du rôle des parlements nationaux et transnationaux dans la démocratisation et la coopération entre l’UE et l’UA et la volonté partagée d’un partenariat politique entre les deux continents pour relever des défis communs. (Aminata Niang)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE
COUR DE JUSTICE DE L'UE
INSTITUTIONNEL
BRÈVES