Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a lancé une nouvelle fois un ultimatum au président du gouvernement catalan, Carles Puigdemont, pour qu’il indique, d’ici jeudi 10 heures, si la Catalogne a déclaré son indépendance.
« Je regrette profondément que vous ayez décidé (…) de ne pas répondre à la demande remise le 11 octobre dernier et, par conséquent, que vous n’ayez pas indiqué si une quelque autorité de la Generalitat avait déclaré l’indépendance de la Catalogne », peut-on lire dans la réponse du chef du gouvernement espagnol.
Et ce dernier de poursuivre : « C’est un éclaircissement absolument nécessaire. Pas seulement pour le gouvernement d’Espagne, mais aussi pour tous les Catalans, qui ont le droit de savoir avec certitude si votre déclaration du 10 octobre devant le Parlement réuni en plénière ou la signature postérieure d’un document rédigé en termes non équivoques, implique la déclaration d’indépendance ».
Plus loin dans sa lettre, M. Rajoy explique que le conflit actuel n’est pas d’ordre historique, mais de légalité. « C’est seulement en y mettant fin que nous pourrons aborder les questions qui affectent et préoccupent réellement les Catalans », explique le Premier ministre espagnol, faisant référence au fait que la tenue du référendum a été organisée en dehors du cadre légal et constitutionnel espagnol – point de vue que partage par ailleurs la Commission européenne (EUROPE 11876).
Le dialogue de sourds se poursuit donc entre les deux responsables politiques. Ce matin même, M. Puigdemont, adressait une lettre à M. Rajoy dans laquelle il précisait le calendrier pour ouvrir une période de deux mois en vue d’instaurer un dialogue national et international, sans pour autant répondre clairement sur le statut actuel de la Catalogne, malgré la demande officielle de clarification du Premier ministre espagnol.
En effet, le statut catalan reste dans le flou juridique depuis la déclaration d’indépendance du président catalan du 10 octobre et sa suspension immédiate par M. Puigdemont (EUROPE 11880).
Dernièrement, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, est sorti du bois en indiquant que la Commission européenne ne jouerait aucun rôle de médiation dans la crise catalane et en s'exprimant contre une indépendance catalane qui pourrait provoquer potentiellement un morcellement de l'UE en « 98 États membres » (EUROPE 11883). (Pascal Hansens et Lucas Tripoteau)