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Bulletin Quotidien Europe N° 11884
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INSTITUTIONNEL / Royaume-uni

Mme May en mission à Bruxelles pour plaider la cause britannique à quelques jours du Sommet européen

Le Premier ministre britannique, Theresa May, devait se rendre, lundi 16 octobre à Bruxelles, pour un dîner avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le négociateur en chef de l’UE pour les négociations du Brexit, Michel Barnier, ainsi que le chef de cabinet de M. Juncker, Martin Selmayr. Mme May était accompagnée de David Davis, le négociateur britannique pour le Brexit, et par Oliver Robbins, son conseiller sur l’UE.

Déjà prévu depuis quelques semaines, ce dîner a été confirmé ce week end après que les deux parties ont pu s’entendre sur la date, a indiqué lundi 16 octobre Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission. Il sera consacré officiellement aux différents enjeux internationaux et géopolitiques et aux agendas des G7 et G20 dont le Royaume-Uni est un membre important, a dit le porte-parole.

Lors d’un point presse avec le Premier ministre français Edouard Philippe (voir autre nouvelle), le président de la Commission européenne a refusé de préciser ce qu’il attendait de cette soirée avec Mme May. « Nous jugerons à l’autopsie », a-t-il objecté.

Un premier dîner de ce type, organisé à Londres fin avril, avait été qualifié de catastrophe par la partie européenne, selon des révélations faites à la presse allemande et attribuées alors à Martin Selmayr.

Ce dîner s’inscrit dans un contexte particulier pour la responsable britannique. La semaine dernière, le négociateur de l’UE, Michel Barnier, avait estimé que les deux parties se trouvaient dans une « impasse préoccupante » concernant le solde budgétaire de retrait du Royaume-Uni et qu’il ne pouvait recommander à ce stade le passage à la seconde phase des négociations, celle sur les futures relations commerciales (EUROPE 11882).

En fin de semaine, un projet de déclaration, en vue du sommet européen à vingt-sept (format ‘article 50’) du 20 octobre, avait pourtant affiché un ton plus positif envers Londres en mentionnant que les Vingt-sept étaient prêts à discuter des travaux préliminaires à cette seconde phase de négociations (EUROPE 11883). Le texte confirmait cependant que les progrès n’étaient actuellement pas suffisants sur la première phase du divorce.

Ce projet de déclaration a été discuté vendredi 13 octobre au soir par les 27 ambassadeurs nationaux auprès de l'UE (Coreper). Si les délégations étaient d’accord sur l’essentiel, la France et l’Allemagne, soutenues par quelques autres pays, ont affiché une ligne plus ferme sur ces travaux préparatoires internes aux négociations commerciales, Paris et Berlin souhaitant que cette phrase disparaisse du texte, a rapporté une source européenne. Les deux capitales ont aussi voulu intégrer une référénce à la Cour de justice en ce qui concerne la question irlandaise mais n’ont pas été très soutenues sur ce point.

Mais Paris et Berlin n'ont pas été entendues, le dernier projet de déclaration maintenant cette référence au début des travaux de préparation internes à l'UE, selon le FT qui a vu la dernière mouture. « Sur le fond, ça ne change rien » car il n’y a pas assez de progrès pour passer à la phase suivante, selon cette source, et, écrits noir sur blanc ou pas, les travaux préparatoires internes à cette phase de discussion sur le commerce « démarreront de toute façon ».

Les ministres des Affaires européennes doivent discuter de ce projet de déclaration, mardi 17 octobre à Luxembourg. (Solenn Paulic)

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