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Bulletin Quotidien Europe N° 11884
ACTION EXTÉRIEURE / CorÉe du nord

L’UE renforce ses sanctions autonomes contre Pyongyang

Le Conseil des Affaires étrangères a adopté, lundi 16 octobre, de nouvelles sanctions autonomes de l’Union européenne à l’encontre de la Corée du Nord, « étant donné la menace persistante à la stabilité et la paix internationales posée » par le pays. Ces mesures, dont les actes juridiques ont été publiés le 16, viennent renforcer les sanctions prises par le Conseil de sécurité des Nations Unies.

Les ministres ont donc décidé une interdiction totale des investissements de l’UE en Corée du Nord dans tous les secteurs. Auparavant, l’interdiction se limitait à ceux dans l’industrie nucléaire et des armes conventionnelles ainsi que dans les industries minières, du raffinage et de la chimie, de la métallurgie et du travail des métaux et dans le secteur aérospatial.

Les nouvelles sanctions interdisent également toute vente de produits pétroliers raffinés et de pétrole brut à Pyongyang. Dans ses sanctions du 11 septembre, le Conseil de sécurité des Nations Unies s’était contenté de limiter ces ventes.

De même, les Européens ont décidé de limiter à 5000 euros, soit un montant trois fois moindre que précédemment, les transferts de fonds personnels en direction de la Corée du Nord, « car l'on soupçonne que le pays les utilise pour alimenter ses programmes nucléaires ou de missiles balistiques illicites », a précisé le Conseil dans son communiqué. Et le Conseil va plus loin en décidant de ne pas renouveler les autorisations de travail pour les Nord-Coréens, « afin d’éliminer les transferts à la Corée du Nord », exception faite pour les réfugiés et les autres personnes bénéficiant d’une protection internationale.

Enfin, le Conseil a ajouté trois personnes et six entités soutenant les programmes illicites à la liste des personnes et entités soumises à un gel des avoirs et une interdiction de visas. Il s’agit de Jong Sik Kim, vice-directeur du département de l'industrie des munitions au sein du ministère de l'Industrie militaire, Pyong Chol Ri, premier vice-directeur du département de l'industrie des munitions, et Hyok Chan Kim, représentant de Green Pine, qui est désigné par les Nations unies. Le ministère des Forces armées populaires, l’Armée populaire coréenne, tout comme le Bureau administratif maritime, la Korea Rungrado General Trading Corporation, la Korea International Exhibition Corporation, la Pan Systems Pyongyang, qui ont aidé au contournement ou à la violation des sanctions, font désormais l’objet de mesures restrictives de l’UE. À titre autonome, l’UE sanctionne donc 41 personnes et dix entités.

Mme Mogherini a reconnu que les sanctions européennes avaient peu de poids, car les relations commerciales entre l’UE et la Corée du Nord sont très faibles. « Nous comprenons que l’impact des sanctions européennes est limité, mais il y a d’autres pays qui ont des relations avec la Corée du Nord qui peuvent avoir un impact majeur sur le régime », a-t-elle expliqué, ajoutant que l’UE allait travailler avec les pays tiers sur la mise en œuvre des sanctions onusiennes. Ainsi, « les ministres se sont aussi mis d’accord pour faire activement pression pour une mise en œuvre forte de toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité par tous les membres de l’ONU », a précisé le Conseil dans son communiqué. Interrogée par EUROPE, Mme Mogherini a expliqué que l'UE avait établi une liste de 25 pays tiers envers lesquels l'UE et les États membres vont mener des démarches coordonnées, également en lien avec des pays partenaires, dès la fin de cette semaine. « C'est une pression diplomatique assez importante et nous espérons que cela va amener des résultats dans certains des pays impliqués », a-t-elle ajouté. Parmi ces pays figurent, selon une source européenne, le Cambodge, l'Érythrée, la République démocratique du Congo, l'Angola, les Fidji ou encore le Vietnam. « La Chine et la Russie ne sont pas dans la liste, car nous avons un dialogue continu avec elles », a-t-elle ajouté. De son côté, le ministre luxembourgeois, Jean Asselborn, a rappelé que 93% des importations en Corée du Nord venaient de Chine, ajoutant que Pékin avait des moyens de faire pression sur le régime nord-coréen. (Camille-Cerise Gessant)

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