À la veille de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, l’Office européen des statistiques, Eurostat, a publié, lundi 16 octobre, des chiffres encourageants en matière de lutte contre la pauvreté avec une nouvelle baisse consécutive depuis 2012 du nombre de personnes en risque de pauvreté et d’exclusion sociale, qui est tombé à 23,4%, soit à un niveau inférieur de celui de 2008.
En 2016, le nombre de personnes en risque de pauvreté ou d’exclusion sociale, ce qui comprend la pauvreté monétaire (17,2%), les personnes et foyers souffrant de privation matérielle sévère (7,5%) ou encore ceux travaillant très peu (10,4%), est tombé à environ 117 millions. Une bonne nouvelle, selon l’analyse d'Eurostat, qui rappelle que ce chiffre était monté à 25% en 2012. En revanche, le chiffre brut reste plus élevé qu’en 2008, où le nombre de personnes en risque de pauvreté et d’exclusion sociale était de 115 millions environ.
Les États membres présentant les plus forts taux de personnes en risque de pauvreté sont la Bulgarie (40,4% en 2016), la Roumanie (38,8%, mais à relativiser, car le taux était de 44,2 % en 2008), la Grèce (35,6%). Pour ce dernier État membre, la progression de la pauvreté est très forte par rapport à 2008, où le nombre de personnes en risque de pauvreté était alors de 28,1%.
Parmi, les États membres où le taux de pauvreté reste contrôlé, citons les Pays-Bas (16,8% en 2016, contre 14,9% en 2008), la République tchèque (13,3% en 2016, contre 15,3% en 2008), le Danemark (16,7% en 2016, contre 15,3% en 2008) ou encore la Finlande (16,6% en 2016, contre 17,4% en 2008). La Slovénie et la Slovaquie présentent, elles aussi, des taux flatteurs, avec respectivement 18,4% et 18,1%.
L’analyse va plus loin. Pour ce qui est du risque de pauvreté monétaire, Eurostat note qu’une personne sur six est exposée (17,2% en 2016, un niveau plus élevé qu’en 2008, où il était de 16,5%). Les États membres concernés ici sont : la Bulgarie (22,9%), l’Espagne (22,3%), la Lituanie (21,9%). Les États membres qui se portent le mieux sont la République tchèque (9,7%), la Finlande (11,6%), le Danemark (11,9%). Pour ce qui est de la privation matérielle sévère, une personne sur 13 serait concernée en Europe, avec la Bulgarie (31,9%), la Roumanie (23,8%) et la Grèce (22,4%) en tête de peloton. La Suède (0,8%), le Luxembourg (1,6%) et la Finlande (2,2%) seraient les pays les mieux lotis.
En ce qui concerne les foyers travaillant très peu, il serait un sur dix, en moyenne. L’Irlande (19,2% en 2015), la Grèce (17,2%) et l’Espagne (14,9%) ou encore la Belgique (14,6%) souffriraient le plus de ce phénomène. Au contraire l’Estonie (5,8%), la Pologne (6,4%) et la Slovaquie (6,5%) présentent le plus faible taux. (Pascal Hansens)