Le Conseil des Affaires étrangères a annoncé, lundi 16 octobre, qu’en raison de « l’usage disproportionné » de la force par les forces de sécurité birmanes, l'UE et ses États membres allaient procéder à un « réexamen de toute forme de coopération concrète en matière de défense » et suspendaient leurs invitations au commandant en chef des forces armées du pays et à d'autres hauts responsables militaires.
« Le Conseil peut envisager la mise en place de mesures supplémentaires si la situation ne s'améliore pas, mais il se tient également prêt à réagir en conséquence à des développements positifs », préviennent les ministres dans les conclusions qu’ils ont adoptées sans débat. L'UE applique toujours un embargo sur les armes et sur les équipements susceptibles d'être utilisés à des fins de répression interne.
Ainsi, le Conseil appelle toutes les parties à mettre « immédiatement fin à toute forme de violence », demandant « instamment » à l’armée de cesser ses opérations et d'assurer la protection de tous les civils « sans discrimination dans le plein respect du droit international et des droits de l'homme ». La situation humanitaire et en matière de droits de l'homme dans l'État de Rakhine « n'est pas acceptable et doit cesser immédiatement », prévient le Conseil, alors que plus de 500 000 personnes, principalement de la minorité musulmane rohingya, se sont réfugiées au Bangladesh. « Le déplacement si rapide d'un si grand nombre de personnes est fortement révélateur d'une action délibérée visant à chasser une minorité », estiment les ministres.
Les chefs de la diplomatie renouvèlent leur appel au gouvernement birman pour qu’il prenne toutes les mesures nécessaires pour apaiser les tensions entre les communautés, qu'il accorde sans délai un accès humanitaire « sans restriction, sûr et sans condition » à la zone de conflit et qu’il mette en place un processus crédible et concret pour permettre le retour de tous ceux qui ont fui. « L’UE se tient prête à étendre ses activités humanitaires à toutes les personnes qui en ont besoin dans l'État de Rakhine, une fois l'accès accordé », annoncent les ministres.
Enfin, les ministres annoncent qu’ils souhaitent nouer, en marge de la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères de l'ASEM, fin novembre, « un dialogue constructif avec le gouvernement » birman. (Camille-Cerise Gessant)