Le premier forum des affaires du secteur de l'énergie pour l'Union pour la Méditerranée (UpM), mercredi 18 octobre au Caire, vise à renforcer la coopération euroméditerranéenne pour attirer les investissements en matière d'énergie durable dans une région qui sera confrontée à une hausse de 98% de la demande énergétique d'ici 2040 et à des défis tels que l'augmentation des températures de la mer et la pénurie d'eau.
Plus de 150 hauts responsables gouvernementaux, représentants de grandes entreprises privées et de start-ups du secteur des renouvelables ainsi que d'institutions financières internationales et de banques de développement discuteront de nouvelles opportunités d'affaires et de coopération pour renforcer la transition énergétique durable dans les pays méditerranéens.
Malgré un agenda positif en matière d'énergie durable et de protection du climat dans la région à l'horizon 2040 - 60% des capacités électriques installées devraient être alimentées par des sources d'énergie à zéro émission de carbone et la production d'énergie renouvelable devrait augmenter de 365% au cours des trois prochaines années, selon des perspectives de Bloomberg - il est nécessaire d'encourager les investissements dans le secteur de l'énergie durable des pays méditerranéens, où près de 25 milliards d'euros d'investissement par an seront nécessaires au cours des 30 prochaines années, insiste le secrétariat de l'UpM, dans un communiqué publié lundi.
Les 43 pays de l'UpM ont lancé, en mai 2015, trois plates-formes euroméditerranéennes pour promouvoir et développer la production de gaz en Afrique du Nord et en Méditerranée orientale, pour développer le marché régional de l'électricité et, surtout, pour développer et promouvoir les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique.
À cette fin, l'UpM a labellisé et soutenu trois projets spécifiques ciblant la production de renouvelables et la transition énergétique et visant à mobiliser un milliard d'euros dans les pays de la rive sud de la Méditerranée. Ces projets sont : - le parc éolien de Tafila, en Jordanie, qui répond à 3% de la demande nationale d'électricité ; - le cadre SPREF, qui vise à surmonter les obstacles au développement des marchés privés des renouvelables au Maroc, en Tunisie, en Égypte et en Jordanie et à aider ces pays à atteindre leurs objectifs en termes de renouvelables et de réduction des émissions de CO2, et via lequel la BERD prévoit un financement jusqu’à 227,5 millions € pour mobiliser 834 millions € d'investissements ; - l'université UpM de l'énergie de Schneider Electric, qui soutient les professionnels de la transition énergétique grâce à des modules de formation en ligne et une plateforme mondiale de mise en réseau.
« Les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique offrent aux pays méditerranéens une occasion unique de réduire leur vulnérabilité en termes de sécurité énergétique et de changement climatique et de promouvoir ainsi le développement durable et humain dans nos sociétés », insiste le Secrétaire général adjoint de l'UpM, chargé de l'énergie du climat.
« L'UpM veut donc renforcer la coopération et le dialogue dans la région pour faire progresser un nouveau modèle énergétique en Méditerranée, conformément aux orientations définies par l'accord climatique international de Paris », conclut-il. (Emmanuel Hagry)