En visite à Bucarest, jeudi 28 septembre, le vice-président de la Commission européenne, Maroš Šefčovič, et le commissaire à l'Énergie et au Climat, Miguel Arias Cañete, ont annoncé la signature prochaine d'un protocole d'accord visant à étendre la coopération gazière en Europe centrale et du sud-est à d'autres secteurs énergétiques comme les renouvelables et l'efficacité énergétique.
« Il ne s'agit pas seulement d'un mémorandum, il contient aussi des actions palpables. L'existence d'un marché de l'énergie en Europe du Sud-Est implique la coordination de projets d'amélioration des réseaux et d'accords commerciaux avec les plus importants États membres de l'UE dans la région. Les marchés ne peuvent pas se développer isolément. Le fonctionnement du marché comprend un cadre réglementaire commun », a expliqué M. Cañete, lors d'une conférence à Bucarest consacrée au groupe pour les interconnexions gazières en Europe du Sud-Est.
Afin d'accélérer l'intégration du marché du gaz en Europe centrale et du Sud-Est et de diversifier les sources d'approvisionnement en gaz naturel, au lendemain de l'abandon par la Russie de son projet de gazoduc sous la mer Noire South Stream, neuf pays de la région - l'Autriche, la Bulgarie, la Croatie, la Grèce, la Hongrie, l'Italie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie - ont lancé, en février 2015, le groupe de travail CESEC, supervisé par la Commission.
Cette initiative visait initialement à bâtir les infrastructures énergétiques prioritaires et créer les infrastructures manquantes en Europe du Sud-Est afin de sécuriser l'approvisionnement en gaz dans la région et de garantir que chacun des pays ait accès à au moins trois sources différentes d'approvisionnement en gaz.
Elle a ensuite été rejointe par les pays de la Communauté de l'énergie (Albanie, Ancienne République yougoslave de Macédoine, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Serbie et Ukraine).
« Dans le cadre du CESEC, nous nous sommes engagés à ne pas nous attendre à des mégaprojets (comme South Stream, NDLR), mais à prendre notre destin énergétique en main et à nous concentrer sur l'interconnexion, la liquidité du marché et l'accès à au moins trois sources de gaz pour tous les pays. C'est un signal très fort pour les habitants de ce pays qui se souviennent encore de ce qui s'est passé en 2009 (lorsque la Russie a cessé de livrer du gaz à l'Europe au milieu de l'hiver, NDLR) et cela prouve qu'ensemble, nous pouvons vaincre les vulnérabilités du système », a ajouté M. Šefčovič.
Le vice-président de la Commission a aussi vanté l'efficacité énergétique comme la meilleure mesure dans la lutte contre la pénurie d'énergie et pour réduire les factures d'énergie.
Tous les pays devraient apprendre à utiliser les fonds provenant du budget de l'UE pour augmenter les ressources du secteur privé et canaliser les investissements dans des projets d'investissement dans l'efficacité énergétique, a-t-il insisté. (Emmanuel Hagry)