Le réseau international d'ONG Clean Clothes Campaign a exhorté les marques occidentales du prêt-à-porter, les employeurs de l'industrie textile et le gouvernement bangladais, mardi 26 septembre, à garantir l'indemnisation à court terme et à finaliser la mise en place d'un régime d’indemnisation permanent pour les victimes d’accidents du travail dans le secteur du textile/habillement au Bangladesh, où un nouvel incendie dans une usine a coûté la vie à au moins six personnes le 20 septembre.
Des systèmes d’indemnisation ponctuels, basés sur les normes internationales (la convention de 121 de l'OIT) et impliquant toutes les parties prenantes ont été mis en place après l’incendie de l'usine de Tazreen en 2012 (112 morts) et l'effondrement du Rana Plaza en 2013 (1134 morts). Ils ont jeté les bases d’un mécanisme public d’indemnisation permanent des victimes, mais le cadre juridique et institutionnel nécessaire à sa mise en place n'est pas encore finalisé, « laissant l’indemnisation des victimes d’accidents du travail aléatoire, imprévisible, voire discriminatoire », déplore Clean Clothes Campaign.
Le réseau d'ONG, qui, depuis le drame du Rana Plaza, a recensé plus de 100 accidents dans le secteur textile du Bangladesh, tuant 45 travailleurs et en blessant plus de 500, souligne la responsabilité des marques de garantir une indemnisation juste et adéquate des victimes des accidents à travers leur obligation de diligence raisonnable envers leur filière d’approvisionnement. Il exhorte les marques s'approvisionnant au Bangladesh, et leurs fournisseurs, à faire pression sur le gouvernement bangladais pour mettre en place un système permanent d'indemnisation.
Enfin, Clean Clothes Campaign exhorte les marques à signer l'extension de l’accord sur la sécurité des bâtiments et la prévention incendie au Bangladesh, qui entrera en vigueur en mai 2018, aux différentes activités du secteur textile, telles que le tissage, le filage ou la teinture. (Emmanuel Hagry)