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Bulletin Quotidien Europe N° 11870
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POLITIQUES SECTORIELLES / PÊche

L’état des stocks de poissons en Méditerranée ne s’améliore pas

Le séminaire sur l’état des stocks de poissons, qui s’est tenu mardi 26 septembre, a confirmé la situation « alarmante » de la ressource en Méditerranée et une amélioration dans les eaux de la mer du Nord et de l’Atlantique.

« Ce n’est pas vrai que l’on ne sait rien sur l’état des stocks en Méditerranée », a déclaré Clara Ulrich, présidente du comité scientifique, technique et économique de la pêche (CSTEP).

Une image très pessimiste. Le nombre d’évaluations augmente et le travail de coordination avec la commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM) s’améliore, a-t-elle souligné. Elle a reconnu que l’image écologique des stocks en Méditerranée était « très pessimiste » : la biomasse continue de baisser alors que la mortalité par pêche augmente.

Clara Ulrich a noté que la mortalité par pêche réagissait très vite à un changement dans l’évolution de la biomasse en raison du fait que les stocks se situent à des niveaux très bas. Elle a estimé que les mesures de gestion de l’effort de pêche et celles visant à protéger les juvéniles n’étaient pas suffisantes pour inverser la tendance.  « Il faut protéger les stocks adultes, en diminuant les captures sur le stock adulte », a-t-elle lancé. « Toutes les captures comptent, aussi bien celles des gros que des pseudo petits navires de pêche », a-t-elle estimé.

76% des stocks surexploités. Elle a indiqué que sur 90 stocks évalués, seulement 8 sont exploités de manière durable et 69 stocks sont surexploités. Dès lors, 76% des stocks font l’objet de surpêche. Mme Ulrich a noté que certaines espèces (requins, raies) étaient très vulnérables à la surpêche et que les stocks de merlu, anchois et sardines ne s’améliorent pas. La crevette rose des profondeurs est moins surexploitée, mais les captures de cette espèce augmentent, s’inquiètent les scientifiques. Elle a regretté l’absence de données sur l’état de stocks dans l’est de la Méditerranée.

La Commission, de son côté, a noté des progrès dans les engagements pris au niveau des États pour résoudre les problèmes. Elle compte travailler sur la lutte contre la pêche illégale, des mesures plus sévères dans le détroit de Sicile et la poursuite des plans de reconstitution (en 2018, elle fera une proposition sur les espèces démersales en Méditerranée occidentale). En outre, l’Italie et la Croatie prennent des mesures en Adriatique et la France et l’Espagne agissent pour protéger des stocks dans le golfe du Lion, a relevé la Commission.

« Il faut se mettre au travail », a lancé le commissaire européen à la Pêche, Karmenu Vella, en référence aux engagements internationaux (‘MedFish4ever Declaration’). Il a invité les États membres et les pêcheurs de l’UE à prendre leurs responsabilités et il a réfuté les critiques selon lesquelles les quotas de pêche en Méditerranée ne fonctionneraient pas. Il a pris l’exemple des quotas qui ont permis de restaurer les quotas de thon rouge. 80% de la flotte en Méditerranée n’est pas soumise à des règles contraignantes.

« On ne peut pas mettre en œuvre un plan en Méditerranée » dans ce contexte, a estimé M. Vella.

Des progrès dans l’Atlantique. Dans les eaux de l’Atlantique, les participants au séminaire ont noté une amélioration de l’état de stocks (baisse de la mortalité par pêche et hausse de 35% de la biomasse, avec de bons résultats notamment pour le merlu et la plie).

Dans le golfe de Gascogne, on note une hausse des débarquements (mais une baisse, si on comptabilise la sardine) et une baisse de la mortalité par pêche. La plupart des stocks sont pêchés selon le RMD (rendement maximal durable), a noté Eskil Kirkegaard, président du groupe consultatif du CIEM (Conseil international pour l'exploration de la mer). Il a noté la hausse de la mortalité par pêche s’agissant de la sardine.

La situation est un peu moins bonne en Mer celtique (stabilisation des débarquements, baisse de la mortalité, évolution positive de la taille des stocks, mais certains, comme le cabillaud, sont à des niveaux faibles).

En mer du Nord, on assiste à une baisse des débarquements, si on exclut les espèces pélagiques. Eskil Kirkegaard a relevé l’amélioration du stock de cabillaud et de plie en mer du Nord. En Baltique, la mortalité par pêche du cabillaud est au-dessus des niveaux requis, alors que l’état des stocks s’est amélioré, a-t-il encore noté.

« Nous enregistrons des progrès satisfaisants et réguliers », a estimé Karmenu Vella. 60% de nos stocks sont exploités de manière durable, mais il ne nous reste que 3 ans, jusque 2020, pour atteindre le RMD pour tous les stocks, a résumé le commissaire. (Lionel Changeur)

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