Les ministres de l’Intérieur italien, Marco Minniti, allemand, Thomas de Maizière, et français, Gérard Collomb, ainsi que le commissaire européen aux Migrations, Dimitris Avramopoulos, se sont entendus sur l’élaboration d’un plan d’action pour aider l’Italie à faire face aux arrivées de migrants provenant de Libye et notamment secourus par des bateaux appartenant à des ONG, dimanche 2 juillet à Paris lors d’une rencontre informelle.
Alors que l’Italie avait menacé la semaine dernière de fermer ses ports aux bateaux des ONG (EUROPE 11819), les ministres ont notamment convenu de mettre sur pied un ‘code de conduite’ pour les ONG, dont Rome se chargera de la rédaction.
La Commission européenne discutera, mardi 4 juillet, des actions envisagées, l’objectif étant de préparer la discussion qui se tiendra ensuite jeudi 6 juillet à Tallinn au niveau des ministres de l’Intérieur de l’UE. Lundi 3 juillet, elle a indiqué qu’elle allait discuter du volet relatif au code de conduite pour les ONG tout en précisant qu'il revient à l’Italie d’en dresser les grandes lignes, avec son soutien. Officiellement, l’idée est d’aider les ONG à mettre en œuvre le droit international en termes de secours et de sauvetage et à mieux coordonner leurs activités. La Commission devrait insister en tout cas sur les mesures qui peuvent être immédiatement mises en œuvre.
Dimanche soir, les ministres et le commissaire européen se sont entendus sur une série de mesures pour fournir un soutien accru à l’Italie et l’aider à endiguer les flux migratoires, a expliqué le ministère de l’Intérieur français dans un communiqué, lundi.
Il devra s’agir de : - « travailler à un code de conduite pour les ONG, qui devra être préparé et présenté par l’Italie, afin d’améliorer la coordination avec les ONG opérant en Méditerranée centrale » ; - renforcer le soutien aux gardes-côtes libyens en augmentant les activités de formation et en fournissant un appui financier additionnel, tout en assurant un suivi étroit des activités ; - fournir un soutien additionnel à l’OIM et au HCR pour permettre que les infrastructures en Libye atteignent les standards internationaux en termes de conditions de vie et de droits de l’homme ; - appuyer l’examen d’options concrètes envisageables pour renforcer les contrôles à la frontière sud de la Libye afin d’endiguer les flux migratoires irréguliers, en coordination étroite avec les pays voisins de la Libye ; - renforcer la stratégie de l’UE pour les retours, en tirant pleinement profit des capacités fournies par l'agence Frontex ainsi que de la réévaluation agréée de la politique de visas à l’égard de pays tiers pour augmenter les taux de réadmissions lorsque c’est nécessaire ; - utiliser pleinement et accélérer le dispositif européen de relocalisation pour les réfugiés.
La France et l’Allemagne se sont engagées à renforcer leurs efforts de relocalisation, indique encore le ministère français compétent.
Dimanche en amont de la réunion de Paris, le ministre de l’Intérieur italien avait déclaré dans une interview que l’Italie faisait face « à une énorme pression ». Les bateaux qui viennent au secours des migrants « battent pavillon de différents pays européens », avait-il expliqué, ajoutant que des bateaux d'ONG, de l'opération navale européenne 'anti-passeurs' Eunavfor Med Sophia et de l'Agence européenne Frontex étaient impliqués, aux côtés des gardes-côtes italiens.
« Je suis un europhile et je serais fier si même un seul bateau, au lieu d'arriver en Italie, allait dans un autre port. Cela ne résoudrait pas le problème de l'Italie mais ce serait un signal extraordinaire » montrant que l'Europe veut aider l'Italie, a encore dit le ministre, cité par l’AFP.
L'Italie a enregistré depuis le début de l'année plus de 83 000 arrivées de migrants, en hausse de plus de 19% sur la même période en 2016, en provenance de Libye pour la plupart. (Solenn Paulic)