La Commission européenne a indiqué, lundi 3 juillet, qu’elle prenait note de la décision du Royaume-Uni de notifier aux États signataires sa décision de quitter la convention de Londres sur la pêche, qui date de 1964. Le pays souhaite ainsi retrouver le contrôle exclusif des droits de pêche à proximité de ses côtes, conformément au vote en faveur du Brexit.
Conclue il y a 53 ans, soit avant l'entrée en 1973 des Britanniques dans l'Union européenne, cette convention autorise la pêche dans une zone comprise entre six et douze milles marins au large des côtes de ses signataires. Elle offre ainsi plus de latitude que le droit européen, qui fixe à douze milles cette limite. En se retirant de cette convention, les autorités britanniques privent par ailleurs leurs pêcheurs du droit de travailler à proximité des côtes de cinq autres pays : la France, la Belgique, l'Allemagne, l'Irlande et les Pays-Bas.
Le gouvernement britannique a notifié lundi sa décision aux États signataires de cette convention, point de départ d'un processus de sortie qui prendra deux ans. Londres devra négocier dans le même temps sa sortie de la politique commune de la pêche (PCP).
Rien ne change, d’après Michel Barnier. La convention de Londres a été remplacée par la PCP, donc cette convention ne serait plus applicable. Michel Barnier, le négociateur en chef sur la sortie du pays de l'UE, a déclaré que la sortie du Royaume-Uni de la convention de Londres « ne change rien : le droit de l’UE en matière de pêche avait remplacé cette convention ». M. Barnier a rappelé que sa priorité dans les négociations était « les intérêts des 27 ».
Les Britanniques auraient décidé de se retirer de cette convention pour ne plus être liés à celle-ci lorsque les négociations sur le Brexit seraient terminées. Techniquement, les navires de l'UE pourront pêcher durant une courte période dans la zone de 6 à 12 milles, mais pas dans la zone économique exclusive (ZEE). Elle s'étend à partir de la ligne de base de l'État jusqu'à 200 milles marins de ses côtes au maximum, au-delà il s'agit des eaux internationales.
Vers une nouvelle politique nationale en matière de pêche. « C'est une première étape historique vers la construction d'une nouvelle politique de la pêche nationale au moment où nous quittons l'UE », a justifié le ministre de l'Environnement, Michael Gove. « Pour la première fois en 50 ans, nous allons pouvoir décider qui peut avoir accès à nos eaux ».
La Fédération nationale britannique des organisations de pêche a salué cette décision. « C'est une bonne nouvelle et une étape importante dans l'établissement d'un État côtier indépendant », a déclaré Barrie Deas, son président.
À l'inverse, Michael Creed, le ministre irlandais de l'Agriculture et de la Pêche, l'a jugée « malencontreuse ». En 2015, 708 000 tonnes de poissons, d'une valeur de 900 millions, ont été pêchées par les navires britanniques en vertu de cette convention. À titre de comparaison, les navires étrangers travaillant dans les eaux britanniques en vertu de la convention de Londres ont pêché 10 000 tonnes de poissons. (Lionel Changeur)