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Bulletin Quotidien Europe N° 11821
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ACTION EXTÉRIEURE / Russie

Pour l’Estonie, la Russie est plus dangereuse maintenant qu’il y a quelques années

Le Brigadier-général Martin Herem, de la Défense estonienne, a déclaré, samedi 1er juillet, que la Russie, de par son attitude, était plus dangereuse maintenant qu’il y a quelques années.

« On peut dire qu’ils sont plus dangereux qu’il y a quelques années », a-t-il expliqué à un petit groupe de journalistes, dont EUROPE, venus visiter le groupement tactique basé à Tapa, en Estonie. Il a ainsi rappelé que les Russes avaient de meilleurs équipements qui sont neufs, ils font des exercices comme des exercices instantanés ('snap') ce qui montre que, quoi qu’ils veuillent faire, ils peuvent le faire vite ou encore qu’ils s’entrainent en permanence.

L’Estonie se pose en particulier des questions concernant le grand exercice russe qui aura lieu en septembre, l’exercice Zapad.

« Je ne dirais pas que nous sommes profondément inquiets, mais nous regardons avec inquiétude la Russie, en particulier car il va y avoir un immense exercice militaire en septembre lors duquel la Russie va déployer 100 000 hommes. La question est toujours ‘pourquoi faire d’aussi grandes manœuvres ?’ ‘Pourquoi faire des exercices spontanés ?’ », a expliqué le ministre de la Défense estonien, Jüri Luik, à EUROPE à Tallinn, ajoutant que son pays surveillait l’attitude russe avec « grande attention ».

Pour M. Herem, s’il est normal de se préparer à la défense, le scénario pour l’exercice porte sur l’attaque d’un pays comme l’Estonie ou la Lituanie, ce qui les inquiète. Cependant, « nous n’avons rien prévu de spécial pour cet exercice, mais nous sommes prêts » en cas de besoin, a-t-il ajouté, sans donner plus de détails.

Le ministre estonien a estimé qu’il était très important d’avoir une présence de l’OTAN sur son sol, comme c’est le cas depuis le printemps avec le groupement tactique. Ce groupement tactique est composé de 800 Britanniques et 320 Français. 200 Danois prendront le relais des Français en 2018.

« Je crois qu’une possible menace russe n’est pas une constante, mais cela dépend beaucoup de ce que l’on fait. Si nous avons des troupes de l’OTAN ici, si nous avons une « dissuasion » crédible, je pense que la menace diminue. Mais si on ne prend pas la défense sérieusement, le risque augmente », a expliqué M. Luik.

Pour le brigadier général estonien, la présence du groupement tactique de l’OTAN est une réponse à « l’attitude russe agressive », « un message qu’en cas d’agression contre l’Estonie, ce ne sera pas juste contre un pays », mais contre tout l’OTAN.

Mais le pays, comme ses alliés, ne fait pas face uniquement au risque d’une attaque physique, une cyberattaque est aussi possible. L’OTAN et l’UE ont d’ailleurs décidé de coopérer davantage dans ce domaine et la Commission européenne présentera, pour l'UE, une nouvelle stratégie sur la cyberdéfense en septembre. (Camille-Cerise Gessant)

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