Dans son 17ème rapport publié ce mercredi, le Groupe d’États contre la corruption du Conseil de l’Europe (GRECO) constate que l’année 2016 a été caractérisée par une « tendance croissante à la polarisation, au nationalisme et au populisme ».
« Nos citoyens sont de plus en plus mécontents de la manière dont les affaires publiques sont gérées », signale Marin Mrcela, juge à la Cour suprême de Croatie et président du GRECO, qui déplore qu’en 2016 la corruption n’ait épargné aucun des pays examinés [les 47 États membres du Conseil de l’Europe ainsi que la Biélorussie et les États-Unis, NDLR]. « Que ce soit dans le secteur privé ou public, au niveau national, européen ou international, les allégations ou les cas confirmés de corruption ont touché des instances exécutives, des parlements, des systèmes judiciaires, des institutions nationales ou internationales, des marchés, des organisations sportives ou des entreprises privées ».
Procédant par cycles d’évaluation depuis sa création en 1999 et se référant à la rapidité de la mise en œuvre des deux premiers cycles, le GRECO constate un ralentissement dans l’application de ses recommandations concernant la transparence du financement des partis politiques (3ème cycle) et la prévention de la corruption des parlementaires, juges et procureurs (4ème cycle).
Seuls quelques rares États membres se sont dotés d’une réglementation développée en matière de lobbying alors que ce phénomène se développe dans plusieurs d’entre eux, pointe également le rapport. Selon les experts du GRECO, il est urgent en la matière de généraliser l’obligation de déclarations et d’enregistrement des lobbyistes.
Le phénomène des aller-retour (pantouflage) entre la justice et la politique est également une source de préoccupation pour le GRECO qui cite notamment les Pays-Bas, où un parlementaire peut être magistrat, ou l’Italie, où un magistrat peut devenir maire.
S’agissant de l’Union européenne (UE), le rapport intègre une contribution du Médiateur européen, Madame Emily O’Reilly, qui insiste sur la promotion de l’intégrité de l’éthique au sein des institutions de l’UE et confirme des préoccupations partagées en ce qui concerne le lobbying et le pantouflage. L’intégration de l’UE au GRECO figure au rang des priorités de l’Union, rappelle Marin Mrcela, mais cela reste « un objectif à long terme » qu’il voudrait voir se concrétiser, car, à ce jour, aucun progrès véritable ne peut être salué. (Véronique Leblanc)