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Bulletin Quotidien Europe N° 11782
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ACTION EXTÉRIEURE / Acp

Le groupe ACP veut conclure avec l'UE un accord contraignant post-2020 et diversifier ses partenariats

C’est déterminés à négocier, unis, un accord de partenariat contraignant avec l’UE pour l’après 2020, à l’expiration de l’Accord de Cotonou, mais aussi à diversifier leurs partenariats avec d’autres pays en développement et à renforcer la position du groupe ACP sur la scène internationale que les ministres du groupe des États ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) ont abordé, vendredi 5 mai, la réunion conjointe du Conseil ACP-UE (EUROPE  11780).

La 105ème session du Conseil des ministres ACP, qui s’est achevée jeudi 4 mai à Bruxelles, a pris plusieurs décisions dans ce sens, dont un accord de principe sur les priorités futures du groupe ACP. « Notre groupe se trouve à un moment charnière et nous réfléchissons à la manière d’être plus dynamiques et efficaces en tant qu’acteur mondial et artisan de la mise en œuvre des objectifs universels de développement durable (ODD). Nous avons donc décidé de donner mandat à notre comité des ambassadeurs, de revoir l’Accord de Georgetown (de 1975 : NDLR) fondateur de notre groupe. La durabilité financière est une priorité pour nous et nous travaillons à la mise en place d’un Fonds fiduciaire et à la diversification de nos partenariats au-delà de l’UE », a déclaré le ministre éthiopien des Finances et de la Coopération économique, Abraham Tekeste, président en exercice du Conseil ACP.  

 Ainsi, les trois priorités approuvées par le Conseil ACP pour guider les programmes et activités du groupe ACP après 2020 sont : - le commerce, l’investissement, l’industrialisation et les services ; - la coopération au développement, la technologie, la science et l’innovation/recherche ; - le dialogue politique et les activités de plaidoyer.

Mandat a été donné au comité des ambassadeurs ACP de constituer un groupe central et des groupes techniques de négociation pour établir des principes clés qui guideront les négociations avec les partenaires européens, lesquelles débuteront en 2018, sur l’accord de partenariat qui succédera à l’Accord de Cotonou. Le caractère juridiquement contraignant de ce futur accord est l’un de ces principes, a précisé M. Tekeste.

Alors que l'Allemagne et les Pays-Bas semblent vouloir concentrer le partenariat futur sur la coopération au développement et le commerce au niveau de l'Union africaine, le président du Conseil s'est montré confiant, car « rien n'a été encore arrêté ».

Si des questions comme la sécurité, la lutte contre le terrorisme et la paix ne sont pas mentionnées dans les priorités ACP, c’est parce que le groupe ACP pratique la division du travail, en vertu du principe de subsidiarité. « Nous considérons que les organisations sous-régionales et continentales sont mieux à même de gérer ces questions. L’Union africaine, par exemple, a sa propre architecture de paix et de sécurité », a répondu le président du Conseil à la presse. L'IGAD et le comité de l'Océan indien fonctionnent bien, a renchéri le Secrétaire général du groupe ACP, Patrick Ignatius Gomes.

Et d'ajouter : « Les jeunes qui rejoignent les rangs de Boko Haram, cette caricature de l’Islam, cherchent un objectif à leur vie. Le groupe ACP ne peut se doter d’une armée ». Il a souligné, en revanche, l’intérêt du programme intra-ACP ‘Culture Plus’ « qui permet aux jeunes d’utiliser leur talent et d’avoir un objectif », l’importance de « lutter contre la pauvreté sous toutes ses formes », notamment par l'éducation,  et  de « renforcer les capacités intra-ACP ».

Par diversification des partenariats au-delà de l’UE, il faut entendre la coopération entre les ACP et les pays en développement d’Amérique du Nord et d’Asie et la coopération Sud-Sud, a indiqué M. Tekeste. 

Alors que 38% du budget du secrétariat ACP provient actuellement de l'UE, le futur fonds fiduciaire et de dotation ACP sera alimenté par les cotisations ACP, mais aussi les contributions volontaires « y compris - pourquoi pas ? - celles des milliardaires de certains pays ACP comme le Kenya ». Ce fonds est jugé crucial « pour mobiliser des ressources pour nos actions futures » a souligné le Président en exercice du Conseil ACP. Il s'agira notamment d'investir dans l'éducation, la condition des femmes et la santé. Le développement du secteur privé et la création d'un climat favorable aux investissements, « sans négliger les capacités d'investissement des pays ACP eux-mêmes », auront tout à y gagner, selon le ministre éthiopien. (Aminata Niang)

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