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Bulletin Quotidien Europe N° 11782
INSTITUTIONNEL / Avenir de l'ue

M. Juncker fustige le manque de solidarité en Europe sur la question migratoire

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a mené une nouvelle charge, vendredi 5 mai, contre le manque de solidarité des pays d'Europe centrale vis-à-vis des pays méditerranéens qui refusent de relocaliser sur leur territoire des réfugiés présents en Italie et en Grèce.

« La grande absente en Europe, c'est la solidarité », a déclaré M. Juncker à Florence, à l'occasion de la 7ème conférence annuelle sur l'état de l'Union, organisée par l'Institut universitaire européen. « Faute de présence de l'Europe, l'Italie sauve l'honneur de l'Europe », a-t-il ajouté en référence notamment aux sauvetages continus de migrants qu'opèrent les autorités italiennes en Méditerranée centrale.

Le président de la Commission, qui s'est exprimé en français parce que - selon lui - « lentement mais sûrement l'anglais perd de son influence », a rappelé que la législation européenne prévoyait de relocaliser au sein de l'UE les réfugiés déjà présents en Italie et en Grèce. Une obligation à laquelle la Hongrie et la Pologne rechignent à se conformer.

« Si nous ne respectons pas la norme juridique, nous allons à notre perte », a souligné M. Juncker, devant un public conquis. Il a appelé les pays concernés à se ressaisir parce qu'ils ne peuvent pas dire aux pays méditerranéens : 'Cela vous regarde, nous ne voulons pas faire entrer ceux qui ne nous plaisent pas en raison de leur couleur, provenance ou religion'. Dire cela, « c'est se tromper lourdement sur la nature de l'Europe », a-t-il considéré.

La Commission pourrait ouvrir des procédures d'infraction contre les pays récalcitrants en matière de relocalisation des réfugiés, mais elle s'est toujours refusée à le faire de peur de faire échouer les négociations en cours entre États sur la réforme du système dit 'de Dublin' sur l'asile (EUROPE 11767).

Le ministre italien des Affaires étrangères, Angelino Alfano, a dit la fierté des Italiens d'avoir sauvé des centaines de milliers de vies en Méditerranée. Cela place l'Italie et l'Europe « du bon côté de l'Histoire », a-t-il estimé.

Pour le président du Parlement européen, Antonio Tajani, une stratégie européenne exhaustive s'attaquant aux causes profondes du phénomène migratoire est indispensable, notamment en stimulant l'essor économique en Afrique. Il a évoqué une initiative du PE qui, sur deux jours, planchera sur la question afin de faire pression sur les États membres. La question migratoire sera à l'ordre du jour des discussions qu'il tiendra, mardi 16 mai, avec le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki, et le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

Plaidoyer pour une intégration politique accrue

M. Juncker a regretté que les Européens soient « les seuls » à ne pas apprécier les succès de l'Europe qui a pourtant été capable de s'unir sur un continent « torturé ». Or, « plus on s'éloigne de l'Europe et plus on l'admire », a-t-il noté.

Parmi les succès de l'Europe, il a cité le marché unique et l'euro « qui protège des chocs externes ». Mais, contrairement à ce que pense le Royaume-Uni, qui tourne le dos à l'Union, « l'Europe ne peut se résumer à un grand marché », a estimé le président de la Commission.

Quant à ceux qui prônent un retour aux frontières nationales, ils se trompent lourdement, a déclaré M. Juncker, dans un clin d'oeil aux élections présidentielles françaises. Notamment parce que l'Europe est le continent « le plus exigu », son influence économique s'érode (sa part dans le PIB mondial passera de 25% à 15% d'ici à 10 ans), et sa démographie est « défaillante ».

M. Juncker n'a toutefois pas nié que l'Europe, confrontée à des « 'polycrises' », devait se concentrer sur l'essentiel (la lutte contre les changements climatiques, l'agenda numérique, le commerce extérieur, la défense) et entendre le mécontentement de ses citoyens, notamment en développant une véritable dimension sociale. (Mathieu Bion)

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