La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini a prévenu, vendredi 3 mars, que le boycott du Parlement risquait de mettre en péril le processus d’intégration de l’Albanie à l’UE.
« Le boycott du Parlement signifie le blocage de la mise en place de la Commission de contrôle (de la qualification des juges et des procureurs) et l'arrêt de fait des progrès de l'Albanie vers l'Union européenne, et cela dans un moment où le pays a la possibilité réelle d'avancer sur son chemin européen », a souligné Mme Mogherini lors d’un point presse avec le Premier ministre, Edi Rama, à Tirana. Selon elle, « ceux qui cherchent à retarder ou à diluer les réformes clés mettent en péril le programme d'intégration de l'Union européenne ». Précisant qu’il y avait des signes d’ouverture politique pour le dialogue à l'intérieur et à l'extérieur du Parlement, elle a espéré que cet espace puisse être utilisé pour progresser sur cette voie.
« Les négociations (d’adhésion) peuvent commencer au moment où la réforme de la justice commence à être mise en œuvre », a estimé Mme Mogherini. Elle a particulièrement mis en avant la nécessité de mettre en œuvre le fameux ‘vetting’- la vérification de la qualification des juges et des procureurs. La mise en place de cette réforme est l'une des cinq conditions pour ouvrir les négociations d’adhésion avec l’UE.
Rappelant que des élections législatives auraient lieu en juin 2017, Mme Mogherini a souligné qu’il était « crucial de préparer les élections de manière libre et équitable ». (Camille-Cerise Gessant)