Plusieurs ministres de l’Agriculture des pays de l’UE ont estimé, lundi 6 mars à Bruxelles, qu’il faudra tenir compte des conséquences financières de la sortie du Royaume-Uni de l’UE dans les discussions sur la réforme et le budget notamment de la politique agricole commune (PAC).
Le débat sur l’avenir de la PAC, organisé au Conseil 'Agriculture' par la Présidence maltaise du Conseil, a confirmé les inquiétudes sur les effets budgétaires du 'Brexit'. Le ministre allemand, Christian Schmidt, a évoqué le besoin de prendre en compte les conséquences financières du 'Brexit'. Les Pays-Bas ont évoqué le besoin de tenir compte des conséquences d'un budget plus petit. Pour l'Irlande aussi, il faudra tenir compte, dans les débats sur la réforme de la PAC, des effets de la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Le commissaire à l'Agriculture, Phil Hogan, a aussi relevé que la fin de l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE se traduira par une baisse de 9 milliards d'euros par an dans le budget de l'UE, mais que ce sera au Conseil européen de décider les politiques à mettre en œuvre avec un budget moins important.
Des perturbations assez importantes. Le ministre français de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a admis que les négociations sur la réforme de la PAC se passaient dans un moment difficile, à cause du 'Brexit'. « La sortie du Royaume-Uni de l’UE va mener à des perturbations assez importantes avec la disparition, sous sa forme actuelle, de la contribution britannique et du chèque britannique », a-t-il dit. Il ne voit pas comment on peut mener un débat ou négocier sur un budget pour l'UE ou pour la PAC, tant que l'on n'aura pas eu la discussion sur la manière dont le Royaume-Uni va sortir de l'UE.
Sur l'avenir de la PAC, M. Le Foll a estimé que la politique de cohésion et la PAC (s'agissant du second pilier sur le développement rural) peuvent trouver des synergies plus grandes. La France a réitéré son soutien à la création d'un système d'épargne de précaution dans le premier pilier (aides directes et dépenses de marché) pour aider les agriculteurs à résister aux aléas climatiques, sanitaires, voire économiques (EUROPE 11562). L'Italie a défendu un budget adéquat pour la PAC et davantage d'outils pour gérer les crises. La Présidence maltaise du Conseil a défendu aussi un budget fort pour la PAC dans ce contexte délicat de 'Brexit'.
Renforcer la résilience des entreprises. Phil Hogan a déclaré devant le Conseil qu’il était nécessaire de renforcer la résilience des entreprises agricoles et d'évaluer notre boîte à outils de gestion des risques et de crise, « afin d'éviter la dépendance à l'égard des soutiens publics ad hoc ». Il a réitéré son soutien à la poursuite du système des paiements directs de la PAC. Il a aussi rappelé son engagement en faveur de la poursuite du travail de simplification et de modernisation de la PAC. Beaucoup de ministres ont cité la simplification comme chantier prioritaire.
La consultation publique sur l’avenir de la PAC, qui a été ouverte récemment, a déjà généré plus de 12 500 réponses, « ce qui prouve l’intérêt significatif des parties prenantes », a dit M. Hogan. Après cette consultation publique, les services de M. Hogan présenteront une étude d'impact sur les options possibles sur l’avenir de la PAC. La Commission publiera avant la fin de l’année 2017 une communication sur l’avenir de cette politique. (Lionel Changeur)