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Bulletin Quotidien Europe N° 11739
INSTITUTIONNEL / Conseil europÉen

La Pologne poursuit son offensive diplomatique avec un candidat alternatif à Donald Tusk

Expulsé de son parti et du groupe PPE au Parlement européen, lundi 6 mars, et accusé de trahison par ses ex-collègues, l’eurodéputé Jacek Saryusz-Wolski s’est fait le porte-drapeau d’une tentative tardive et controversée du gouvernement polonais pour saboter la réélection de son compatriote, Donald Tusk, au poste de président du Conseil européen.

Lorsque le gouvernement du parti conservateur Droit et Justice (PiS), affilié au groupe CRE au PE, a sondé auprès des autres capitales les chances de M. Saryusz-Wolski en tant que candidat alternatif officiel de la Pologne à M. Tusk, le bilan a été sans appel : 27 contre. Personne, excepté les instigateurs de cette initiative, n’a voulu soutenir cet eurodéputé contre le candidat officiel et unique du PPE. Ce sondage informel a été réalisé vendredi 3 mars, à la veille de l’envoi de la note diplomatique par le gouvernement polonais à la Présidence maltaise du Conseil de l’UE l’informant que M. Saryusz-Wolski était dorénavant le candidat officiel de la Pologne pour la présidence du Conseil européen.

Dans l'opposition polonaise et le groupe PPE, c'est la consternation. Même au sein du groupe de Visegrád (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie), cette stratégie soudaine du gouvernement polonais incommode, comme a pu s’en rendre compte à Bruxelles le ministre polonais des Affaires étrangères, Witold Waszczykowski. Dimanche 5 mars, il a dîné avec ses homologues du groupe de Visegrád et du Benelux. Le lendemain, les ministres slovaque et tchèque, en arrivant au Conseil, ont, malgré tout, affirmé soutenir Donald Tusk, qui a beaucoup agi pour le bien de l’Europe centrale et de l’Est, comme l'a souligné Miroslav Lajčák.

L’absence d’un quelconque soutien pour M. Saryusz-Wolski ne semble pas gêner les autorités polonaises ni l’intéressé, d’ailleurs. C’est notre candidat et il doit être pris en compte, a soutenu M. Waszczykowski, tout en estimant n’être « pas intéressé par quiconque » d’autre aurait pu le soutenir. « Il n'y a pas d'autre candidat polonais », a-t-il insisté. Il a ainsi estimé que le Conseil européen de jeudi 9 mars pouvait aboutir à une impasse sur cette élection (à la majorité qualifiée).

Un poste de ministre au gouvernement polonais ? Prendre la place d’Elżbieta Bieńkowska en tant commissaire européen pour le Marché intérieur ? Les spéculations vont bon train quant aux motivations de M. Saryusz-Wolski, qui savait qu’il allait vers une confrontation sans compromis avec son groupe politique, sans grande chance d'obtenir le poste pour lequel il est actuellement candidat. Dans tous les cas, le risque est là, pour lui, qu’« on se souvienne de lui comme de l’instrument d’une vengeance mesquine de Kaczyński (l’émince grise du gouvernement polonais, NDLR) vis-à-vis de Tusk », selon les mots du député Janusz Lewandowski, chef de la délégation polonaise au sein du PPE. (Jan Kordys)

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