Les ministres européens souhaitent que les questions de santé publique soient davantage prises en compte dans le cycle du Semestre européen. À l’occasion de leur réunion à Bruxelles, jeudi 8 décembre, ils ont donné mandat au groupe de travail des hauts fonctionnaires de s’attaquer à cette question.
Le Semestre européen est le cycle de coordination des politiques économiques et budgétaires au sein de l'UE. Il s’ouvre chaque année par un examen annuel de la croissance, qui fixe les grandes priorités à venir, et se clôture sur des recommandations par pays.
Lors du tour de table, la majorité des ministres de la Santé se sont montrés favorables à l’idée d’être mieux associés à l’exercice du Semestre européen (même s’il n’est pas rare que leurs homologues chargés de l’Économie défendent le point de vue contraire). L’Allemagne, par contre, s’est montrée relativement réticente : « L’importance sociale de la santé ne peut pas élargir le périmètre du Semestre européen. Le Semestre a vocation à coordonner les politiques économiques, financières et de l’emploi. Associer les ministres de la Santé risquerait d’édulcorer les thématiques abordées et d’affaiblir les finalités du Semestre. », a déclaré le ministre allemand, sans pour autant s’opposer à l’idée de charger le groupe 'Santé publique' au niveau des hauts fonctionnaires d'examiner cette question.
Alcool, soins transfrontaliers et OMS. Cette réunion, qui n’était dédiée à aucun sujet législatif et ne prévoyait l’adoption d’aucune conclusion, a été l’occasion pour les ministres d’aborder de multiples facettes des systèmes de santé.
Sous la pression de la délégation irlandaise, la Commission a, par exemple, réaffirmé son intention de présenter au début de l’année 2017 son rapport sur l’étiquetage des boissons alcoolisées (soit avec plus de 2 ans de retard).
La Commission a également fait savoir qu’elle lancerait en mars 2017 les réseaux européens de référence, prévus par la directive 2011/24/UE sur les soins de santé transfrontaliers. Ces réseaux permettront de mettre en commun les compétences de spécialistes de la santé dans l'ensemble de l'Europe, afin que les patients atteints d'une maladie rare puissent accéder à un traitement de qualité hautement spécialisé.
La Hongrie a, quant à elle, présenté son candidat au poste de directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, le Dr. Miklos Szocska. (Sophie Petitjean)