Le Parlement européen a appelé, jeudi 24 novembre, les autorités biélorusses à une réforme globale du système électoral, rappelant que, depuis 1994, le pays n'avait organisé aucun scrutin libre et équitable.
Dans la résolution commune (Verts/ALE, S&D, PPE, ADLE, CRE) qu’ils ont adoptée (468 pour, 21 contre et 93 abstentions), les députés demandent aux autorités biélorusses de « reprendre immédiatement les travaux pour une réforme électorale globale, dans le cadre d’un processus de démocratisation plus large, en coopération avec les partenaires internationaux ». Selon eux, il est nécessaire d’introduire les recommandations de l’OSCE « en temps utile » avant les élections municipales de mars 2018, afin que des observateurs nationaux et internationaux puissent être présents. « Cette étape est essentielle pour obtenir les progrès souhaités dans les relations entre l’UE et la Biélorussie », expliquent les députés. « Tous les partis politiques doivent pouvoir exercer leur activité politique sans restriction, notamment durant la période de campagne électorale », ajoutent-ils.
Plus généralement, le Parlement demande, une nouvelle fois, aux autorités de veiller, en toutes circonstances, au respect des principes démocratiques, des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il s’agit, entre autres, de réhabiliter les prisonniers politiques libérés, et rétablir pleinement leurs droits civils et politiques ainsi que d’abolir la peine de mort. Les autorités devraient aussi cesser de harceler les médias indépendants pour des raisons politiques et autoriser « l’activité légale à part entière, libre et sans entrave des associations et organisations publiques », estiment les députés.
Soutenant la politique d’engagement critique de l’UE envers les autorités biélorusses, et l'invitant à préserver la dynamique engagée en vue de poursuivre la normalisation des relations avec le pays, les députés appellent également la Commission et le SEAE à prendre les mesures nécessaires pour accélérer les progrès dans les négociations sur la facilitation des visas et à renforcer leur soutien aux organisations de la société civile. (Camille-Cerise Gessant)