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Bulletin Quotidien Europe N° 11675
INSTITUTIONNEL / Parlement europÉen

Le départ de M. Schulz pourrait relancer les grandes manœuvres pour l'attribution de hautes fonctions européennes

Après des semaines de spéculation et de rumeurs, le président du Parlement européen, Martin Schulz, a officiellement annoncé, jeudi 24 novembre à Bruxelles, qu’il renonçait à se présenter à un troisième mandat consécutif.

Ayant évoqué une décision difficile à prendre dans une déclaration lue en trois langues, le social-démocrate allemand a donc démissionné de ses fonctions et sera remplacé en janvier prochain. Il compte désormais briguer un siège de député au Bundestag en menant la liste sociale-démocrate dans la région de Rhénanie du Nord-Westphalie, lors des élections allemandes de septembre 2017.

Cette décision était peut-être attendue : le sort européen de Martin Schulz était en effet lié à un accord, signé en 2014 en début de législature, entre les groupes PPE et S&D, qui réserve la présidence de la seconde partie de la législature du PE au groupe chrétien-démocrate. Elle n’en a pas moins surpris les autres groupes politiques du PE. Et elle a également lancé officiellement la bataille pour la quête de la présidence du PE, et peut-être même, déclenché un nouveau jeu de chaises musicales pour les principales fonctions européennes.

Le groupe S&D refuse en effet que les chrétiens-démocrates dirigent à la fois le PE, le Conseil et la Commission européenne. « Notre position est claire. (...) Il est impossible que les présidents de la Commission, du Conseil européen et du Parlement européen soient des représentants du PPE », a déclaré le secrétaire d’État italien aux Affaires européennes, Sandro Gozi, cité par l'ANSA. Selon lui, le départ de M. Schulz pose clairement la question de la présidence du Conseil européen, alors que le mandat de Donald Tusk s'achève fin mai 2017.

Selon une source du parti PPE, la recherche de stabilité politique impose de « respecter l’accord entre le S&D et le PPE ». « Le Conseil européen n’a qu’à trouver une personne issue du S&D », a-t-elle ajouté.

Le chef de file du groupe PPE au PE, l’Allemand Manfred Weber, va ainsi commencer à discuter avec les autres chefs de groupes des candidats pouvant éventuellement rallier la majorité des suffrages au PE, du moins de la part de ses franges pro-européennes. Au sein du groupe PPE, le Français Alain Lamassoure et l'Irlandaise Mairead McGuinness ont officiellement fait savoir qu’ils se lancaient dans la course. Une primaire entre les deux candidats aurait lieu le 13 décembre s’ils ne se départageaient pas plus tôt, a dit cette source du groupe PPE.

Manfred Weber, lui, n’a pas confirmé ses intentions mais, selon cette source, il ne serait pas candidat étant donné « qu’il vient juste de se faire réélire à la tête de son groupe ».

L'annonce de M. Schulz a en tout cas « pris tout le monde de court », a expliqué une autre source du groupe ADLE. Selon elle, cette décision pourrait « ouvrir le jeu à Guy Verhofstadt », actuel patron du groupe ADLE au PE et négociateur en chef sur le ‘Brexit’. Selon cet observateur, Manfred Weber s’est montré plus « ouvert » aux libéraux, et il a cité « plusieurs fois les libéraux » comme des alliés, jeudi matin lors d’une conférence de presse. Les socialistes n’ayant pas de candidat en remplacement de M. Schulz, et ne tenant pas forcément à la présidence du PE, M. Verhofstadt aurait d'autant plus une carte à jouer que les candidatures de M. Lamassoure et Mme McGuinness ne soulèvent pas d’enthousiasme particulier.

Toujours est-il que, dans ce cas de figure, le Belge ne porterait pas les deux casquettes de président du PE et de négociateur du 'Brexit' pour l'institution européenne. Cette mission pourrait alors être incluse dans la négociation avec les autres groupes politiques du PE.

MM. Juncker et Tusk veulent rester en poste

Du côté de la Commission et du Conseil européen, les présidents Juncker et Tusk ont réaffirmé leur intention de rester en poste. Sur le ton de l’humour, ils ont expliqué l’un et l’autre, à l'issue du sommet UE/Ukraine (voir autres nouvelles), être tous deux en très bonne forme physique. Nous accomplissons des « marathons », surtout « de bureaux en bureaux », a plaisanté M. Juncker.

Tous deux ont, en tout cas, salué les qualités de Martin Schulz et le travail accompli à la tête du PE. « Je regrette sa décision », avait commenté dans la matinée M. Juncker, qui, selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, avait lié son sort à celui de M. Schulz.

Pour le groupe CRE, le départ de Martin Schulz devrait être l'occasion de repenser le fonctionnement du PE et de s'interroger sur les effets bénéfiques de la 'Grande coalition' emmenée par les groupes PPE et S&D. Pour la Belge Helga Stevens, candidate du groupe eurosceptique à la présidence du PE, les relations personnelles avec Martin Schulz ont toujours été bonnes. « Néanmoins, personne ne peut contester le fait que M. Schulz ait été le maître des arrangements de coulisses », a-t-elle commenté. (Solenn Paulic)

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