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Bulletin Quotidien Europe N° 11675
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Énergie

La Commission critiquée au PE pour sa mollesse vis-à-vis de Gazprom

Plusieurs députés ont critiqué, lors d'un débat en session plénière du Parlement européen consacré à la sécurité énergétique de l'UE, mercredi 23 novembre, la gestion par la Commission des dossiers relatifs au projet germano-russe de gazoduc Nord Stream-2 et à l'exploitation du gazoduc OPAL en Allemagne, lui reprochant son attitude ambiguë à l'égard du gazier russe Gazprom.

« Ce que fait la Commission est incompréhensible. D'une part, la médiation de l'UE avec Gazprom, qui abuse depuis longtemps de sa position dominante sur le marché. Maintenant, on entend que la Commission pourrait considérer que Gazprom ne soit pas sanctionné. Concernant Nord Stream-2, la Commission dit que ce projet doit respecter le droit de l'UE, mais ce n'est pas le cas. Enfin, l'extension de la capacité d'exploitation du gazoduc OPAL dont bénéficie Gazprom n'est pas quelque chose qui répond à nos objectifs de sécurité énergétique », a déploré le Lituanien Krišjānis Kariņš (PPE).

« La décision sur OPAL est tout aussi controversée que le projet Nord Stream-2. Cela réduit la sécurité énergétique en Europe orientale en favorisant un fournisseur et cela contrevient aux intérêts de l'Ukraine », a regretté le Polonais Jerzy Buzek (PPE). Son compatriote Janusz Lewandowski (PPE) a, lui aussi, fait part de ses « interrogations » sur la gestion de ces deux dossiers.

« Le '3ème paquet énergie' ne vise-t-il pas à casser les monopoles et non à les favoriser ? Nord Stream-2 comprend trop de contradictions : d'un côté, il y a une ligne politique qui consiste à diviser et miner la coopération dans l'UE ; de l'autre, ce projet établira une nouvelle architecture du marché de l'énergie qui permettra à Gazprom d'asseoir sa domination. La Commission ne peut pas, d'une part, dire qu'il faut accroître l'unité et la coopération dans l'UE et, de l'autre, saper la sécurité énergétique de certains  de ses États membres », a déploré le Suédois Gunnar Hökmark (PPE).

« La décision de la Commission sur OPAL a permis un recul par rapport à Nord Stream-2. Le résultat, c'est que Gazprom est encore monté en puissance. Gazprom jouit d'une position absolument dominante. La Pologne a déjà vivement protesté et l'Ukraine est aussi fortement pénalisée. Les décisions prises vont à l'encontre du droit européen et de la solidarité que nous devons à l'Ukraine et à d'autres pays », a déploré la Polonaise Anna Elżbieta Fotyga (CRE).

Répondant au nom de la Commission, la commissaire aux Transports, Violeta Bulc, a tenté d'apporter quelques assurances. « Le projet Nord Stream-2 ne peut pas respecter que le droit russe, il doit respecter le 3ème paquet et les règles de passation des marchés publics », a-t-elle assuré, reconnaissant que Nord Stream-2 accroîtrait des capacités russes de transport de gaz déjà sous-utilisés à 50%. Mme Bulc a aussi assuré que la décision sur OPAL devrait permettre une meilleure affectation du gazoduc OPAL, améliorer son accès à une concurrence non faussée et renforcer l'intégration des marchés du gaz tchèque et allemand. (Emmanuel Hagry)

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